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La Syrie dans la presse française – Politique Générale : 16-31 janvier 2018

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Rim Alkriem – Revue de la politique générale en Syrie dans la presse française pour la deuxième quinzaine de jours de janvier 2018

 SITUATION POLITIQUE GENERALE

SITUATION INTERNE

1 – Opposition –

Des représentants alaouites et sunnites signent un «Code de conduite pour la coexistence». Pendant trois ans, ces représentants de la société civile ont mené des discussions inédites, dans le plus grand secret, pour proposer une solution «100 % syrienne» à la guerre qui fait rage depuis sept ans.

Depuis trois ans, dans le plus grand secret, alors que le régime et l’opposition continuent de s’affronter par les armes ou par médiateur interposé, sans qu’une issue se profile, ces Syriens se retrouvent régulièrement dans les capitales européennes pour formuler leur vision d’une solution. Une vision qui se veut apolitique et rejette toute affiliation au régime comme à l’opposition. Une vision d’en bas, «100 % syrienne», de ceux qui se disent victimes de deux camps armés et ne croient plus aux solutions imposées au sommet par les politiciens syriens et leurs parrains étrangers à Genève, Astana ou Sotchi.

Mi-janvier, 18 représentants syriens ont cosigné un «Code de conduite pour la coexistence syrienne» en onze points. Inspirés par les pères fondateurs de la Syrie, qui ont mené le mouvement d’indépendance contre le mandat français (1920-1946), ils ambitionnent de bâtir un nouveau contrat social dans une Syrie unie et plurielle, où l’égalité et les droits de chacun seront respectés, avec un système politique et social fondé sur la citoyenneté, et non sur le sectarisme et la domination d’une communauté sur une autre.

Ils ne reconnaissent ni vainqueur ni innocent parmi les parties au conflit et appellent à l’établissement des responsabilités individuelles des atrocités et violations perpétrées pendant la guerre ; à la compensation des victimes et au droit au retour des 5,4 millions de réfugiés et 6,1 millions de déplacés… Le Monde – 17.01.2018

L’opposition condamne le projet de force frontalière voulue par Washington. La Coalition nationale syrienne (CNS), principale formation de l’opposition en exil, a condamné mercredi un projet de force frontalière parrainé par la coalition internationale anti-djihadistes dans le nord-est de la Syrie. Cette coalition emmenée par Washington pour lutter contre le groupe EI avait annoncé dimanche la création d’une « Force de sécurité frontalière » composée de combattants kurdes et arabes syriens.
Dans un communiqué, la CNS a dénoncé « le plan américain pour une force frontalière » et rejeté « tout prétexte utilisé pour promouvoir de tels projets« . « Il est inacceptable que les territoires libérés du terrorisme (ndlr: repris au groupe EI) se retrouvent sous le pouvoir du Parti de l’Union démocratique kurde (PYD)« , la principale formation kurde en Syrie.

Selon Washington, l’objectif de cette nouvelle force de 30.000 hommes, qui se constituera au cours des prochaines années, est « d’empêcher la résurgence de l’EI« . Elle sera composée, par moitié, de membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) et de nouvelles recrues.

Estimés à 15% de la population syrienne et longtemps opprimés sous le régime de Damas, les Kurdes ont profité de la guerre déclenchée en 2011 pour établir une autonomie de facto dans les territoires qu’ils contrôlent, dans le nord-est syrien. Les Kurdes cherchent à se maintenir à l’écart du conflit syrien et à adopter une position de « neutralité » envers le régime et les groupes rebelles.

La « Force de sécurité frontalière » annoncée par Washington serait stationnée sur les frontières nord et est de la Syrie, avec la Turquie et l’Irak, et sur les lignes de démarcation entre les territoires contrôlés par les Kurdes et d’autres secteurs du pays.

Ce projet a été vivement critiqué par le régime de Bachar el-Assad et son allié iranien mais aussi par la Turquie, qui voit d’un très mauvais œil l’autonomie de facto gagnée par les Kurdes syriens, eu égard aux aspirations de sa propre communauté kurde. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a ainsi qualifié cette nouvelle force d' »armée terroriste« .

La Coalition nationale syrienne est basée à Istanbul. L’Orient – Le Jour – 17.01.2018.

 

2 – Djihadistes –
Laminé en Syrie, l’EI tente un retour dans la province d’Idleb. Le groupe EI est sur le point d’être défait dans ses derniers réduits en Syrie mais il a créé la surprise en annonçant son retour dans le nord-ouest du pays, contrôlé par un groupe djihadiste rival. Selon des experts, l’EI cherche à tirer profit de l’actuelle offensive du régime à Idleb pour tenter de redorer son blason après la chute fracassante de son « califat » en Syrie et en Irak.
Attaques ponctuelles, enlèvements de soldats du régime: ces derniers temps, l’organisation ultra-radicale ne ménage pas sa communication sur les réseaux sociaux pour prouver sa présence dans la province d’Idleb, qui échappe entièrement au pouvoir de Bachar al-Assad. Le 12 janvier, l’EI qualifiait même Idleb de « Wilaya« , province sous son contrôle. Mais dans les faits, cette région est tenue par ses rivaux de Hayat Tahrir al-Cham, groupe djihadiste formé par l’ex-branche d’Al-Qaïda.
A Idleb, « il y a probablement des centaines, peut-être un millier de (combattants de l’EI), tout au plus« , relativise Aymenn Jawad al-Tamimi, spécialiste des mouvements djihadistes. Cette « enclave » a vu le jour grâce à l’arrivée « d’hommes de l’EI fuyant d’autres territoires« , explique-t-il, précisant qu’il s’agit d’une « extension » de leur présence dans la province voisine de Hama.
Mais le contrôle territorial du groupe est limité à cinq villages seulement, selon l’OSDH.
L’EI affirme en outre avoir tué une vingtaine de soldats du régime et pris en otage une vingtaine d’autres près de l’aéroport militaire d’Abou Douhour, un des objectifs de l’actuelle offensive des forces progouvernementales.
Si l’OSDH confirme l’enlèvement de 31 soldats du régime, l’OSDH  estime que la grande majorité d’entre eux sont détenus par d’autres groupes. Le sort de six soldats reste toutefois inconnu, précise Rami Abdel Rahmane (OSDH).
C’est en décembre que les combattants de l’EI ont effectué une première incursion dans la province d’Idleb, dont ils avaient été chassés en 2014 par d’autres groupes d’insurgés. « Ils sont sortis de nulle part mais l’EI était soupçonné d’avoir des cellules dormantes à Idleb« , explique Hassan Hassan, du Tahrir Institute for Middle East Policy, groupe de réflexion basé à Washington. L’analyste « doute que l’EI puisse devenir significativement plus important dans ce secteur« . Il reconnaît toutefois qu’il s’agit d’un « moment opportun pour étendre son influence et revitaliser ses cellules« . « C’est le moment parfait pour l’EI pour faire du bruit« , dit-il, assurant que le groupe « utilise la médiatisation de l’offensive (du régime syrien à Idleb) pour exagérer son rôle » dans le secteur.

Appuyées par l’aviation de leur allié russe, les forces pro-régime ont lancé le 25 décembre une opération pour reconquérir le sud-est de la province d’Idleb, reprenant plusieurs villages et localités du secteur. « Idleb est maintenant devenue une importante cause rebelle. Tout le monde essaye donc de gagner en popularité en mettant en avant son rôle dans la défense de la région », décrypte M. Hassan.

Avec son ancrage à Idleb, l’EI chercherait également à tirer profit des luttes intestines entre les différents organisations djihadistes et rebelles pour attirer à lui des combattants membres d’autres groupes mais qui partagent son idéologie extrémiste, explique Nawar Oliver, expert auprès du centre de réflexion Omran, basé en Turquie.
Pour l’analyste Charlie Winter, il est toutefois encore « trop tôt » pour prédire si l’EI est capable d’effectuer un retour en Syrie. Le groupe « est privé d’hommes, de ressources, d’armes, de ses réseaux pour mener des offensives stratégiques » comme il a pu le faire les années précédentes, précise-t-il à l’AFP. Selon M. Winter, la communication du groupe autour d’Idleb consiste à dire une chose: « Nous sommes toujours là, nous nous agitons et si nous devons nous retirer d’un territoire, nous nous réinstallons ailleurs+« .  Tahiti infos – 16.01.2018.

 

Joulani appelle les rebelles à « resserrer les rangs » face au régime syrien. Il s’agit du premier enregistrement audio d’Abou Mohammad al-Joulani, chef de la coalition djihadiste Tahrir al-Cham, depuis que la Russie a affirmé en octobre 2017 avoir effectué une frappe aérienne suite à laquelle le chef de Tahrir al-Cham se trouvait « dans le coma« . « Cela fait 100 jours que nous menons une des batailles les plus féroces à tous les niveaux« , a affirmé al-Joulani dans cet enregistrement audio diffusé par les médias de Tahrir al-Cham.

Certaines factions de l’opposition s’abstiennent de se battre aux côtés de Tahrir al-Cham en raison d’un accord de « désescalade » décidée par les parrains internationaux des belligérants pour obtenir des cessez-le-feu dans le pays. Frontalière de la Turquie, Idleb est l’une des quatre « zones de désescalade« .

Les rebelles syriens pourraient « surmonter ces crises, si nous unissons nos efforts et resserrons nos rangs« , a déclaré al-Joulani en fustigeant l’accord d’Astana. « Nous sommes prêts à nous réconcilier avec tout le monde et à tourner une nouvelle page à travers une réconciliation globale« , a-t-il ajouté. « Occupons-nous de nos ennemis plus que de nous-mêmes et de nos désaccords« .

Début janvier, Tahrir al-Cham, avait annoncé sur son compte Télégram que le « conseil militaire » des djihadistes a tenu « une réunion urgente pour faire face aux derniers développements sur le terrain, dans la province d’Idleb »  en présence de Mohammad al-Joulani. L’Orient – Le Jour – 17.01.2018.

Terrorisme: fort recul du nombre de morts en Syrie et Irak en 2017, affirme un rapport publié jeudi par le Centre international d’analyse du terrorisme Jane (JTIC), basé à Londres.

En Syrie, le nombre de morts a baissé de 44% l’année dernière, avec 3 641 décès, contre 6 477 en 2016.

Ces chiffres, cependant, ne prennent pas en compte le nombre de militants tués lors d’attaques, ni la totalité des victimes touchées par les frappes aériennes menées dans des pays comme la Syrie.

Bien que l’organisation EI ait perdu du terrain dans les deux pays en 2017, elle est toujours considérée comme le groupe terroriste le plus actif mondialement, en termes d’attentats réalisés, selon le JTIC. Soumis à une «pression internationale grandissante», l’ÉI conduit désormais des opérations «de faible intensité, mais à un rythme plus soutenu» contre «les forces de sécurité ainsi que ses adversaires non gouvernementaux» dans des régions qui lui ont été reprises, a expliqué Matthew Henman, chef du centre de recherche.

Les attentats commis par l’EI ont tué 6 499 personnes l’année dernière, soit un recul de 40%, bien que le nombre d’attaques, 4 612 au total, ait augmenté de 9%. Malgré une baisse du nombre de personnes tuées en Irak et Syrie, le niveau de terrorisme et d’insurrection dans ces deux pays reste sans équivalent dans le monde. À titre comparatif, 2 999 individus sont décédés en Afghanistan, 1 466 en Somalie et 1 092 au Yémen, en 2017. Les résultats de l’enquête révèlent également une diminution globale du nombre de morts causé par des attentats, de 27 697 décès en 2016 à 18 475 l’année dernière. Le Journal de Montréal – 17.01.2018.

3 – Révolte –

Sur le terrain : 16 civils ont été tués près de Damas dans un bombardement des forces gouvernementales contre des rebelles retranchés dans l’enclave de la  Goutha, selon l’OSDH. Et au moins 13 Syriens sont morts en tentant de fuir leur pays vers le Liban voisin pendant une tempête de neige, selon un nouveau bilan fourni samedi par l’ONU. L’Express avec AFP – 21.01.2018.

L’armée syrienne chasse les djihadistes d’une importante base à Idleb. En prenant l’aéroport d’Abou Zouhour, l’armée syrienne et ses alliés ont atteint le premier objectif d’une opération militaire commencée en octobre et qui a culminé par une vaste offensive appuyée par l’aviation russe, lancée le 25 décembre. Les troupes gouvernementales s’emploient à ratisser et à déminer cette grande base, contrôlée depuis 2015 par une coalition djihadiste conduite par l’ancienne branche d’al-Qaïda en Syrie. Vendredi et samedi, l’armée syrienne a avancé à partir de deux axes, prenant une douzaine de villages à l’est et au sud d’Abou Zouhour. Les deux colonnes ont opéré leur jonction, enfermant dans un chaudron de 1 200 kilomètres carrés près de 2 000 rebelles et djihadistes. Le tiers de cette poche, située entre les provinces de Hama et d’Idleb, est contrôlé par le groupe EI. C’est l’une des trois dernières régions de Syrie encore aux mains de l’organisation djihadiste. Les deux autres se trouvent dans la province de Deraa, dans le sud, et dans la vallée de l’Euphrate, à l’est.
Le reste de la poche d’Idleb est contrôlé par l’ex-branche d’al-Qaïda en Syrie et des groupes rebelles. L’armée syrienne progresse aussi au nord d’Abou Zouhour, à partir de la province septentrionale d’Alep. RFI – 21.01.2018.
8 civils tués dans des frappes turques sur Afrine, ont indiqué une ONG et un porte-parole des forces kurdes qui contrôlent la zone.   Selon l’OSDH, au moins un enfant figure parmi les victimes tuées dans le bombardement du village de Jalbara. D’après Birusk Hasakeh, porte-parole des Unités de protection du peuple (YPG), la milice kurde contre laquelle Ankara a lancé une offensive, huit civils ont été tués dans des tirs de missiles ayant visé la ferme où ils vivaient. L’Orient – Le Jour – 21.01.2018.
L’armée gouvernementale lance une opération contre le groupe al-Nosra à Idleb. «Les forces gouvernementales syriennes et les milices populaires ont entamé une opération visant à éliminer un groupe de plus de 1.500 combattants de l’organisation terroriste Front al-Nosra encerclé dans la partie est de la province d’Idleb», indique un communiqué de la Défense russe.
Le communiqué signale que les combats menés dimanche par les forces gouvernementales leur ont permis d’avancer de six kilomètres vers le nord depuis l’aérodrome d’Abou Douhour et de libérer 24 localités.

Dimanche 21 janvier, le ministère russe de la Défense avait annoncé que les unités de l’armée gouvernementale syrienne sous le commandement du général Souheil al-Hassan avaient réalisé une jonction avec des détachements des milices populaires dans la zone de Herbet el-Hajar et de Rasm el-Hirmil et avaient achevé l’opération d’encerclement d’un important groupe de djihadistes de l’organisation Front al-Nosra dans la partie est de la province d’Idleb. Sputnik – 22.01.2018.
Des tirs insurgés font neuf morts dans le centre de Damas. Neuf civils ont été tués lundi par des obus tirés par des rebelles en direction de la vieille ville de Damas, rapporte la télévision d’Etat syrienne en citant une source au sein de la police. Les bombardements ont également fait 21 blessés dans les quartiers de Bab Touma et Al Chaghour, a-t-on dit de même source.
L’OSDH évoque pour sa part onze blessés à Bab Touma et sept dans la Vieille ville, dont certains dans un état critique. Yahoo actualités – 22.01.2018.

La Ghouta, le nouvel Alep? La Ghouta, assiégée depuis plus de quatre ans. Objectif : déloger la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple, les YPG.  Cela fait maintenant plus de quatre ans que la Ghouta est assiégée et bombardée par les forces pro-régime. 375 000 personnes y vivraient dans des conditions inhumaines.  Pour Michel Duclos, l’ancien ambassadeur de la France en Syrie, la Ghouta est le nouvel Alep.
« Comme à Alep il y a une sorte de disproportion entre les victimes qui sont tuées, affamées ou assiégées et les enjeux géopolitiques. D’autant plus que cette zone de la Goutha fait partie de ces fameuses zones de désescalade agréée entre les Russes, les Turcs et les Iraniens. Et normalement c’est une zone où il ne devrait plus y avoir d’opérations militaires » explique Michel Duclos. « Mais les forces du régime veulent absolument refermer ce qu’elles considèrent comme une anomalie, c’est-à-dire une poche de résistance, de rebelles opposés au régime de Bachar el-Assad » conclut-il.  RCF – 24.01.2018.

 

Les bombardements se poursuivent dans la Ghouta orientale. Au total, cinq salves d’artillerie et de roquettes ont visé la Ghouta orientale dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé l’OSDH. Ayman al Assemi, membre du conseil militaire de l’ASL, a déclaré vendredi soir que la Russie avait promis aux négociateurs de l’opposition réunis sous l’égide de l’ONU à Vienne de faire pression sur Damas pour qu’un cessez-le-feu soit mis en place dans la Ghouta orientale. Mais cet accord de cessez-le-feu n’a pas été confirmé par le porte-parole de la délégation de l’opposition à Genève, Yahya al Aridi, qui s’est borné à dire qu’il avait des « négociations à ce sujet« . Yahoo actualités – 27.01.2018.

 

33 civils tués en 24 heures dans des raids aériens du régime sur Idleb où une opération militaire contre des djihadistes est en cours, a rapporté ce lundi une ONG. Pour la seule journée de ce lundi, les raids ont tué 16 civils, notamment 11 personnes qui se trouvaient dans un marché de la ville de Saraqeb, a précisé l’OSDH. BFM TV – 29.01.2018.
Reprise de violents combats dans la Ghouta orientale. Les combats entre forces gouvernementales syriennes et rebelles ont repris de plus belle dimanche dans la Ghouta orientale, après une brève accalmie suite à des informations sur un possible cessez-le-feu.  Selon l’OSDH, les forces de Damas ont répondu à une offensive de rebelles djihadistes par d’intenses tirs d’artillerie et bombardements aériens.
Un organe de propagande du Hezbollah libanais, allié du président syrien Bachar al Assad, précise que l’offensive rebelle a été repoussée et confirme la riposte des forces gouvernementales. Un habitant de Damas a dit à Reuters entendre de violentes explosions dans la Ghouta et voir des panaches de fumée s’élever au-dessus de cette région assiégée depuis des années. Boursorama – 28.01.2018.

 

Sur un autre front de la guerre, 14 personnes, dont au huit civils ont été tuées mardi dans des frappes aériennes du régime syrien de Bachar al-Assad dans la province d’Idleb, selon l’OSDH. La veille, 21 civils ont péri dans des circonstances similaires dans la même province, dont 16 à Saraqeb, selon l’OSDH. Le Point – 30.01.2018.

 

4 – Cessez-le-feu –

Accord de cessez-le-feu entre régime et opposition sur la Ghouta orientale. Le gouvernement Assad et l’opposition syrienne ont conclu à Vienne, lors de pourparlers menés sous l’égide de l’ONU, un accord de cessez-le-feu relatif à l’enclave rebelle de la Ghouta orientale située à l’est de Damas, a indiqué vendredi soir un porte-parole de l’opposition ainsi que l’OSDH.

L’accord est intervenu lors de pourparlers indirects, précise Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH. « L’accord entrera en vigueur vendredi soir à minuit (23h00 HB), ajoute l’intéressé. Les rebelles ont exigé que de l’aide humanitaire soit acheminée dans les 48 prochaines heures, sans quoi l’accord sera considéré comme nul« . RTBF INFO – 26.01.2018.

 

5 – Kurdes –
La région d’Afrine, laboratoire de l’administration kurde autonome. Cette région a été la première zone où les Kurdes de Syrie ont installé une administration autonome en 2012. La région d’Afrine est située dans le nord-ouest de la province d’Alep. Elle est bordée par la Turquie à l’ouest et au nord, et par des régions contrôlées par des rebelles syriens pro-Ankara au sud et à l’est.
L’unique voie vers le monde extérieur est une route menant à Alep, la deuxième cité de Syrie, à 60 km de la ville d’Afrine. « C’est la seule porte de sortie pour la région d’Afrine qui est presque totalement assiégée« , estime Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. « La plupart du temps, cette route est ouverte, mais des combattants des localités de Nebbol et Zahra la ferment dans certaines circonstances« , ajoute-t-il. La région, à majorité kurde, comprend environ 360 villes et villages.

Après le début de la guerre en Syrie en 2011, les Kurdes, concentrés dans le nord du pays, ont en grande majorité adopté une position de « neutralité » envers le pouvoir et la rébellion. En 2012, après le retrait des forces gouvernementales de la zone, Afrine devient la première région kurde à échapper au contrôle du régime de Bachar al-Assad, et tombe aux mains de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Les photos d’Abdullah Öcalan, le chef historique emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée « terroriste » par Ankara, surgissent partout à Afrine.

Les leaders kurdes en Syrie utilisent alors Afrine comme un laboratoire d’administration autonome qui sera ensuite appliquée plus tard à d’autres régions kurdes du pays. Les habitants commencent à parler la langue kurde, longtemps interdite par le gouvernement syrien, et mettent en place des écoles, des centres culturels et des forces de sécurité. Plus d’un million de personnes, dont des milliers de déplacés du le conflit, vivent dans la région montagneuse d’Afrine. Elle était connue dans le passé pour son agriculture, notamment ses oliveraies à flanc de collines.

Sa topographie a permis aux combattants kurdes de consolider leurs positions en creusant des tranchés pour repousser les attaques des rebelles. Le Point – 20.01.2018.

Les Kurdes reportent sine die leurs « élections législatives« . Une responsable des autorités kurdes, Fawza Youssef, a indiqué à l’AFP que le scrutin n’aurait pas lieu comme prévu vendredi, précisant qu' »une nouvelle date n’a pas encore été choisie« . « Des questions d’organisation (…) nous ont poussés à annoncer un report« , a-t-elle précisé.

Les Kurdes avaient annoncé en mars 2016 la création d’une « région fédérale » composée de trois cantons. Et les habitants étaient appelés aux urnes vendredi pour élire des conseils législatifs pour chaque canton, ainsi qu’une assemblée législative pour l’ensemble de la région. Début décembre, un scrutin avait été organisé pour élire des conseils municipaux, après des élections dites « communales » en septembre. Ces consultations avaient été qualifiées de « blague » par Damas. Les Kurdes se défendent de toute velléité de partition et assurent que les élections n’excluent pas les minorités de leurs régions, notamment arabes. Le régime de Bachar el-Assad refuse toute aspiration séparatiste, tandis que le voisin turc y est aussi opposé, craignant de voir sa propre communauté kurde développer des ambitions similaires. L’Orient – Le Jour – 17.01.2018.
 
Les Kurdes appellent à la «mobilisation». Les autorités locales kurdes ont décrété aujourd’hui la « mobilisation générale » pour défendre l’enclave d’Afrine, dans le nord de la Syrie, appelant les civils à « prendre les armes« , au quatrième jour de l’offensive lancée par la Turquie. « Nous décrétons la mobilisation générale, et nous invitons tous les enfants de notre peuple à défendre Afrine« , est-il écrit dans un communiqué publié par les autorités kurdes du canton de Jaziré, dans le nord-est syrien.  Le Figaro.fr avec AFP – 23.01.2018.
 

Les responsables d’Afrine exhortent Damas à intervenir contre l’aviation turque. « L’Etat syrien (…), avec tous les moyens qu’il a, devrait faire face à cette agression et déclarer qu’il ne permettra pas aux avions turcs de survoler l’espace aérien syrien« , a indiqué Othmane al-Cheikh Issa, co-président du Conseil exécutif du canton d’Afrine. « Nous considérons Afrine comme inséparable du territoire syrien. Toute attaque contre Afrine est une attaque contre tous les habitants de la région et contre la souveraineté de l’Etat syrien« , a déclaré M. Cheikh Issa. « C’est pour cela que nous appelons l’Etat syrien à sortir de son silence » et faire face à « cette agression impitoyable« , a-t-il ajouté. L’Orient – Le Jour – 25.01.2018.

 

6 – Offensive turque en Syrie  –
Le PYD kurde lance un cri d’alarme en faveur d’Afrine. Le principal parti kurde de Syrie, le PYD, a appelé mercredi la communauté internationale à empêcher que la Turquie ne bombarde la région d’Afrine, dans le nord de la Syrie. Ankara a laissé entendre ces derniers jours qu’une opération militaire turque était imminente à Afrine, l’un des trois secteurs autonomes sous le contrôle des forces kurdes et de leurs alliés.
« Afrine ne sera pas abandonnée« , a déclaré le PYD (Parti de l’union démocratique) en s’engageant à ce que l’ensemble du nord et de l’est de la Syrie soutienne cette région. « Nous demandons à la communauté internationale (…) d’assumer ses responsabilités concernant les habitants – plus d’un million – qui vivent dans la région d’Afrine« , a dit le PYD. Cette formation, qui est l’émanation politique des milices kurdes YPG (Unités de protection du peuple), a appelé les Nations unies à prendre sans attendre des mesures pour faire des régions kurdes du nord et de l’est de la Syrie une « zone de sécurité« . « Le régime turc (…) est devenu une menace à toute solution à la crise syrienne« , a ajouté le PYD.

La Turquie considère les YPG comme le prolongement syrien du PKK turc (Parti des travailleurs du Kurdistan, hors la loi), qui mène une insurrection contre le pouvoir central turc depuis 1984. L’Orient – Le Jour – 17.01.2018.

 
Grandes manifestations en territoires kurdes contre Ankara. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi dans les territoires kurdes du nord de la Syrie, dénonçant les menaces du voisin turc de lancer une offensive contre des bastions de la communauté. Plusieurs milliers de personnes se sont ainsi rassemblées jeudi dans la ville Jawadiyé, dans la province de Hassaké (nord-est), a constaté un correspondant de l’AFP. »Nous sommes unis et nous voulons soutenir notre peuple à Afrine« , a confié Abdallah Khaled, un manifestant de 40 ans. « A bas, à bas Erdogan« , « Avec notre âme, avec notre sang, nous sommes avec toi Afrine« , ont scandé les manifestants, brandissant des drapeaux kurdes, des drapeaux des YPG, ou encore des portraits d’Abdullah Öcalan, chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), emprisonné depuis 1999 en Turquie. « Nous condamnons les attaques de l’Etat turc contre notre peuple à Afrine« , pouvait-on lire sur des pancartes en arabe et en kurde.
Plusieurs rassemblements similaires ont eu lieu dans les territoires contrôlés par les Kurdes, notamment à Afrine où selon les organisateurs des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues malgré la pluie. L’Orient – Le Jour – 18.01.2018.

 

« L’opération a de facto débuté« , a déclaré M. Canikli, en référence aux frappes d’artillerie sporadiques que mène l’armée turque depuis plusieurs jours contre des positions kurdes en Syrie. Ces bombardements ont été plus intenses vendredi, le journal Hürriyet affirmant que l’armée turque avait tiré 40 obus dans la journée.

Si aucune date n’a été donnée pour une éventuelle offensive terrestre, des correspondants de l’AFP ont vu vendredi après-midi un convoi d’une trentaine de bus transportant des hommes en treillis dans la province turque de Hatay se diriger vers la frontière syrienne. Dans la matinée, une vingtaine d’autocars transportant des combattants syriens avaient déjà traversé la frontière depuis la Turquie pour se rendre à Azaz, ville située à 20 km au nord-est d’Afrine et contrôlée par des rebelles soutenus par Ankara, selon les médias. La Turquie compte s’appuyer sur des rebelles syriens formés par l’armée turque pour une éventuelle offensive terrestre, comme elle l’avait déjà fait lors d’une incursion lancée en 2016. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi à Azaz, certains brandissant des portraits de M. Erdogan et des drapeaux turcs, pour exprimer leur soutien à une éventuelle offensive d’Ankara, a constaté un correspondant de l’AFP.

En parallèle des menaces d’offensive, le gouvernement turc a dépêché jeudi son chef de l’armée et son patron des services de renseignement à Moscou afin d’obtenir le feu vert de la Russie, dont des soldats sont déployés à Afrine pour une mission d' »observation« .

Le régime de Damas a affirmé jeudi qu’il était « prêt à détruire » tout avion turc qui entrerait dans l’espace aérien de la Syrie pour frapper Afrine. Ladepeche.fr – 19.01.2018.

La Turquie poursuit son offensive contre une enclave kurde. Dans la nuit de samedi à dimanche, quatre roquettes tirées depuis des zones contrôlées par les YPG ont frappé la ville frontalière turque de Kilis, faisant un blessé léger, d’après l’agence de presse Dogan, ajoutant que des batteries turques avaient immédiatement riposté. Cette opération a débuté samedi à 14H00 GMT, avec un bombardement aérien d’envergure mené par 72 appareils qui ont frappé plus de 100 cibles, dont l’aéroport militaire de Minnigh, selon l’armée turque.
Un porte-parole des YPG a affirmé que dix personnes, pour la plupart des civils, avaient été tuées dans ces frappes. L’armée turque affirme pour sa part n’avoir touché que des « terroristes« , expression par laquelle elle désigne les combattants kurdes. Un correspondant de l’AFP a vu quatre pièces d’artillerie turque faire feu dimanche matin en direction de villages de la région d’Afrine. Un autre correspondant de l’AFP à Afrine a vu un avion bombarder la partie occidentale de l’enclave dimanche.
La presse turque exprimait dimanche un soutien unanime à l’offensive: « L’heure du triomphe est arrivée« , « Un coup de poing pour les terroristes, un rameau d’olivier pour le peuple« , titraient ainsi les quotidiens progouvernementaux Yeni Safak et Star.

Il s’agit de la deuxième offensive turque dans le nord de la Syrie, après celle lancée en août 2016 pour repousser l’EI vers le sud, mais aussi enrayer l’expansion territoriale des milices kurdes. La Turquie a affirmé samedi que son pays tenait le président syrien Bachar al-Assad informé « par écrit » de son offensive, ce que le régime syrien a nié, dénonçant une « brutale agression de la Turquie sur Afrine« . La Nouvelle République – 20.01.2018.

Les militaires russes retirés de la zone d’Afrine, où l’armée turque a lancé une offensive terrestre et aérienne contre une milice kurde, a annoncé samedi le ministère russe de la Défense.

« Le commandement des forces russes en Syrie a pris des mesures visant à assurer la sécurité des militaires russes qui étaient déployés dans la zone d’Afrine« , a indiqué le ministère dans un communiqué. Ces troupes « ont été retirées » vers la zone de désescalade de Tall Rifaat, a-t-il précisé. Ces mesures ont été prises « pour empêcher d’éventuelles provocations et exclure toute menace contre la vie et la santé des militaires russes« , selon la même source.

Malgré le retrait partiel de ses troupes annoncé en décembre, la Russie maintient en Syrie trois bataillons de police militaire et garde sa base aérienne de Hmeimim et la base militaire navale de Tartous, ainsi que son Centre de réconciliation des belligérants. L’Orient – Le Jour – 20.01.2018.

Turquie: une ville touchée par un missile syrien. Une personne a été tuée et 32 ont été blessées dans des tirs de roquettes contre une ville turque située à la frontière syrienne, a annoncé son maire, au deuxième jour d’une offensive d’Ankara contre une milice kurde en Syrie. « D’après nos dernières informations, nous avons 32 ressortissants turcs blessés, dont deux grièvement. Un Syrien a perdu la vie« , a indiqué à la chaîne d’information NTV Hüseyin Sanverdi, le maire de Reyhanli, une ville située dans la province de Hatay. Le Figaro.fr avec AFP – 21.01.2018.
L’armée turque est entrée dans une enclave kurde. Le Premier ministre Binali Yildirim a déclaré que des militaires turcs étaient entrés à 11 heures (8H GTM) dans la région d’Afrine, contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG), depuis le village frontalier de Gülbaba situé dans la province de Kilis. Selon l’agence de presse étatique Anadolu, les soldats turcs progressent dans la région d’Afrine en compagnie de combattants syriens formés par Ankara. Ni le nombre de combattants, ni leurs objectifs n’étaient connus dans l’immédiat.

  1. Yildirim a indiqué que l’objectif de l’opération, baptisée « Rameau d’olivier« , était d’établir une « zone de sécurité » d’une profondeur de 30 km à partir de la frontière. Le Figaro avec AFP – 21.01.2018.

 
Des Kurdes manifestent devant l’ambassade de Russie à Beyrouth, dans le quartier de Corniche Mazraa, protestant contre le rôle de la Russie dans l’opération « Rameau d’olivier » lancé samedi par l’armée turque dans le nord de la Syrie. La manifestation a causé de nombreux embouteillages dans le quartier, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). L’Orient – Le Jour – 22.01.2018.
L’offensive turque est un « soutien clair » à l’EI, accusent les Kurdes, alors que cette minorité est considérée comme un fer de lance de la lutte anti-djihadistes. « Malgré la perte de ses principaux bastions« , le groupe djihadiste « conserve une force non négligeable« , précisent-elles dans un communiqué. L’Orient – Le Jour – 22.01.2018.
Les Kurdes en appellent au soutien de Washington. « La coalition internationale, notre partenaire dans la lutte contre le terrorisme (…) est appelée à prendre ses responsabilités vis-à-vis de nos forces et de notre peuple à Afrine« , selon un communiqué des Forces démocratiques syriennes, une alliance kurdo-arabe soutenue par la coalition. L’Orient – Le Jour – 22.01.2018.
 
Environ 25 000 rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) mobilisés dans la bataille d’Afrine. Environ 25.000 rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) participent à l’opération militaire turque dans la région d’Afrine, dans le nord de la Syrie, dans le but de reprendre des localités arabes capturées par la milice kurde YPG il y a près de deux ans, a déclaré dimanche à Reuters un officier de l’ASL.

Le commandant Yasser Abdoul Rahim, chef de Failak al Cham, l’une des principales factions de l’ASL, a assuré que ses forces ne chercheraient pas à entrer dans Afrine, ville à majorité kurde, mais qu’elles espéraient l’encercler et forcer ainsi les YPG (Unités de protection du peuple) à la quitter. « Nous n’avons pas d’intérêt à pénétrer dans la ville. Seules les cibles militaires à l’intérieur de la ville et les villages alentour nous intéressent. Nous cherchons à encercler la ville et à nous assurer que les milices en seront chassées. Nous ne combattrons pas dans la ville car nous n’avons aucun problème avec les civils« , a dit Abdoul Rahim. L’un des principaux objectifs de l’opération en cours, a-t-il ajouté, est de reprendre la ville de Tel Rifaat, au sud-est d’Afrine, et de plusieurs communes arabes alentour que les YPG ont prises aux rebelles de l’ASL en février 2016, provoquant le départ de dizaines de milliers d’habitants. « La tâche prioritaire de l’ASL est de reprendre seize villes et villages occupées par les milices étrangères (YPG) avec l’aide de l’armée de l’air russe« , a expliqué Yasser Abdoul Rahim, contacté par téléphone en Syrie. Les combats de février 2016 avaient contraint environ 150.000 habitants de ces localités à trouver refuge dans la ville d’Aazaz. Ces déplacés se trouvent actuellement dans des camps à la frontière turque.

L’ASL accuse les miliciens kurdes de nettoyage ethnique, ce que contestent les YPG. Tel Rifaat et la région alentour, dont la base aérienne de Menigh, sont tombées aux mains des miliciens kurdes alors que les rebelles tentaient de repousser une offensive des forces loyalistes syriennes soutenues par l’aviation russe. Ce revers a précédé la défaite des rebelles à Alep-Est, leur plus grande défaite depuis le début de la guerre en 2011.

Les rebelles prenant part à l’opération turque sont à peu près les mêmes que ceux qui avaient participé en 2016 à une opération pour chasser le groupe EI de la zone frontalière et contenir la progression des YPG. L’Orient – Le Jour – 21.01.2018.
 
Les Kurdes décrètent la « mobilisation générale » pour défendre Afrine, appelant les civils à « prendre les armes » au quatrième jour de l’offensive lancée par la Turquie.
« Nous décrétons la mobilisation générale et nous invitons (…) notre peuple à défendre Afrine« , ont indiqué dans un communiqué les autorités kurdes du canton de Jaziré, dans le nord-est syrien. Ce canton est l’un des trois qui forment la « région fédérale« , administration semi-autonome proclamée en 2016 par les Kurdes syriens sur les territoires qu’ils contrôlent. « C’est une invitation pour tous les Kurdes en Syrie à prendre les armes« , a précisé à l’AFP un responsable média des YPG à Afrine, Rezan Hedo. Tous les centres des Forces démocratiques syriennes, coalition de combattants kurdes et arabes syriens dominée par les YPG, « sont prêts à recevoir tous ceux qui veulent défendre Afrine et à leur fournir des armes« , a-t-il souligné. Les réservistes sont appelés à rejoindre leurs centres, a-t-il ajouté.

« Nous plaçons la communauté internationale face à sa responsabilité morale. Nous invitons le Conseil de sécurité (de l’ONU) à adopter une résolution sérieuse et ferme pour empêcher l’agression du gouvernement turc sur Afrine« , souligne par ailleurs le communiqué. L’Orient – Le Jour – 23.01.2018.

 

Des combats intenses ont opposé les Kurdes et les Turcs. Lundi 22 janvier, des combats meurtriers ont opposé les forces turques aux combattants kurdes dans le nord de la Syrie, au troisième jour d’une offensive.

Dans la ville d’Afrine, à 18 km du front, des abris ont été établis dans les sous-sols des maisons et des files d’attente ont fait leur apparition devant les boulangeries, selon un journaliste collaborant avec l’AFP. Au moins 54 combattants, dont 26 miliciens kurdes et 19 rebelles syriens pro-Ankara, ont été tués depuis le début de l’offensive, selon l’OSDH, qui fait état de 22 civils tués.

L’armée turque a déploré lundi la mort d’un soldat, première victime turque dans l’offensive. Dans la journée, des soldats turcs et des rebelles syriens pro-Ankara ont lancé un nouvel assaut contre les YPG depuis la ville d’Azaz, à une vingtaine de kilomètres à l’est d’Afrine, selon l’agence de presse étatique turque Anadolu. Ils se sont emparés brièvement de la colline de Barsaya, avant que les YPG ne la reprennent, selon l’OSDH. Pendant quelques heures, des centaines de combattants rebelles avec des mitrailleuses lourdes juchées sur des pick-up blancs avaient pris position aux côtés des forces et des blindés turcs sur cette colline, selon un correspondant de l’AFP.

« Des combats féroces ont lieu à la frontière syro-turque », a déclaré à l’AFP un porte-parole des YPG à Afrine, Rezan Hedu. Selon un correspondant de l’AFP du côté turc de la frontière, une dizaine de chars et entre 400 et 500 combattants turcs et arabes sont entrés en Syrie. Dans la ville d’Afrine, les habitants faisaient des courses pour stocker de la nourriture et des médicaments, selon un journaliste collaborant avec l’AFP.

Depuis le début de l’opération, 170 cibles ont été détruites et 11 villages ont été capturés par les forces pro-Ankara, selon le Premier ministre turc Binali Yildirim. Les YPG ont pour leur part multiplié les tirs de roquettes contre des villes frontalières turques, faisant au moins deux morts et une cinquantaine de blessés. Une personne a été tuée lundi dans la province de Hatay.

Les Etats-Unis ont appelé Ankara à « faire preuve de retenue », mais le secrétaire d’Etat Rex Tillerson a reconnu « le droit légitime de la Turquie » à se « protéger ». Selon des responsables kurdes, l’envoyé spécial américain auprès de la coalition internationale anti-djihadistes, Brett McGurk, se trouve depuis deux jours à Kobane, un autre canton kurde du nord syrien.

Il s’agit de la deuxième offensive turque dans le nord syrien, après celle lancée en août 2016 pour repousser le groupe EI, mais aussi enrayer l’expansion des combattants kurdes, à la faveur du chaos provoqué par la guerre en Syrie. RFI – 23.01.2018.

 
L’armée turque dit avoir tué 260 membres des YPG et de l’EI depuis le lancement, samedi, de l’opération « Rameau d’olivier » qui vise l’enclave d’Afrine, en Syrie. Dans son communiqué, le commandement turc prévient que l’offensive se poursuivra, comme prévu. L’Orient – Le Jour – 23.01.2018.
 
Les Kurdes craignent d’être lâchés par leurs alliés. « Pour nous, les Etats-Unis ont une obligation morale de protéger la démocratie et le système démocratique dans cette région« , a dit à Washington Sinam Mohamed. Les Kurdes de Syrie, qui ont combattu le groupe EI, craignent d’être désormais abandonnés par leurs alliés occidentaux après l’offensive turque lancée contre une de leurs enclaves.
Washington a soutenu militairement les Kurdes combattant l’EI à l’est de l’Euphrate mais, à l’ouest du fleuve, les Peshmergas sont seuls. Omar Mahmoud, un combattant des YPG originaire de Tal Tamr (nord-ouest de la Syrie), est indigné par le « silence américain » face à l’offensive turque. «Les Kurdes ont combattu Daech, pour défendre tout le monde, ils se coordonnaient avec la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis», a dit l’homme de 35 ans à l’AFP. «Maintenant les Etats-Unis sont silencieux et c’est décevant».

«L’aviation turque survole Afrine, et tue les enfants et les femmes, au prétexte que nous sommes des séparatistes, mais on fait partie de la Syrie», affirme Massoud Baravi, un autre combattant âgé de 34 ans.

Les Etats-Unis semblent pourtant sensibles au sort des Kurdes d’Afrine. Le secrétaire d’Etat Rex Tillerson a eu des conversations « franches et sérieuses » avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu, selon la porte-parole Heather Nauert. La région d’Afrine «était relativement stable comparé au reste de la Syrie», a-t-elle dit, récusant la thèse turque d’une présence de l’EI.

Mais Washington a peu de moyen de pression sur Ankara, son allié au sein de l’Otan. Les relations sont tendues depuis plusieurs mois en raison du soutien américain aux Kurdes et l’offensive en cours souligne sa perte d’influence dans un conflit qui rebat les cartes.

Et la Turquie n’aurait pas attaqué sans le feu vert -qu’elle affirme avoir reçu- de la Russie, soutien essentiel du régime du président syrien Bachar al-Assad. Les troupes russes combattent aux côtés de l’armée syrienne et des milices chiites contrôlées par l’Iran, principal soutien régional de Damas.

Ankara s’est également engagé dans les négociations pour la paix en Syrie menées par Moscou, parallèlement à celles conduites par l’ONU et soutenues par Washington. En échange, selon l’analyste de la Fondation pour la défense des démocraties Merve Tahiroglu, M. Erdogan aurait obtenu du président russe Vladimir Poutine qu’il laisse les forces turques prendre Afrine.

Des responsables kurdes ont indiqué à l’AFP que Moscou leur avait offert une protection contre la Turquie s’ils laissaient leurs territoires au régime syrien, et avait retiré son soutien aérien quand ils avaient refusé la proposition. L’accord pourrait aussi prévoir une pause dans les combats entre les rebelles pro-Turcs et l’armée syrienne à Idleb. The Times of Israël – 24.01.2018.

 

Turquie: un mort et 13 blessés par des roquettes tirées depuis la Syrie. Une personne a été tuée et 13 blessées aujourd’hui par la chute de roquettes tirées depuis le nord de la Syrie sur la ville frontalière turque de Kilis, a annoncé le gouverneur de la province. Ces roquettes, dont l’une a touché et endommagé une mosquée dans la soirée, ont été tirées au cinquième jour d’une offensive menée par la Turquie contre l’enclave d’Afrine. Une deuxième roquette est tombée peu après sur une maison 100 mètres plus loin, selon le gouverneur, Mehmet Tekinarslan.

Peu après la chute de ces roquettes, des tirs des représailles de l’artillerie turque en direction de la Syrie pouvaient être entendus depuis le centre de Kilis, selon une correspondante de l’AFP sur place. Les médias turcs ont imputé ces tirs de roquettes aux combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG). Le Figaro.fr avec AFP – 24.01.2018.

Des dizaines d’étrangers combattent aux côtés des Kurdes à Afrine. Des volontaires américains, britanniques ou encore allemands qui ont combattu Daech avec les FDS participent au combat pour repousser l’offensive de la Turquie, rapporte un responsable des FDS.
«Une partie des volontaires étrangers qui ont combattu à Raqqa et qui combattent à Deir Ez-Zor ont manifesté l’envie d’aller à Afrine», a déclaré le responsable des FDS, Redur Xelil. Selon lui, ces volontaires se comptent par dizaines. «Ils mèneront des batailles contre l’invasion turque», a-t-il déclaré. «Ce sont des Américains, des Britanniques, des Allemands, diverses nationalités venues d’Europe, d’Asie et d’Amérique.» Redur Xelil a également démenti un communiqué de l’armée turque selon laquelle l’EI est présent dans la région d’Afrine. «Le monde entier sait que Daech n’est pas présent à Afrine», a-t-il dit. Ouest – France – 24.01.2018.

Turquie: un mort et 13 blessés par des roquettes tirées depuis la Syrie. Peu après la chute de ces roquettes, des tirs des représailles de l’artillerie turque en direction de la Syrie pouvaient être entendus depuis le centre de Kilis, selon une correspondante de l’AFP sur place. Les médias turcs ont imputé ces tirs de roquettes aux combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG).  Le Figaro.fr avec AFP – 24.01.2018.

Colère des habitants d’Idleb, délaissés des rebelles combattant à Afrine. La province d’Idleb est l’une des dernières régions qu’ils contrôlent encore en Syrie, et pourtant alors que le régime de Bachar el-Assad tente de leur reprendre ce territoire, ils ont préféré quitter la zone pour aller servir les intérêts turcs à Afrine.
25 000 combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) auraient déserté les champs de bataille à Idleb. La Turquie, parrain de ces groupes rebelles syriens les mobilise pour son opération baptisée «Rameau d’olivier». Mais à Idleb, trop c’est trop. La population juge cette décision inacceptable.

«La population est en colère. Le régime est en train de reprendre Idleb, et il ne fait face à aucune résistance. Les forces du régime ont repris plusieurs positions importantes. Elles profitent du vide laissé par les groupes rebelles partis combattre à Afrine», dit Fadi, jeune habitant de cette province en proie aux combats.

Jusque-là farouchement opposés au régime syrien, ces groupes rebelles ont accepté de s’asseoir à la table des négociations à Sotchi. A Idleb, ce revirement est vécu comme une trahison. «Ils vont à Sotchi pour dialoguer avec les représentants du boucher Bachar el-Assad alors qu’ici ses avions bombardent les civils. Nous sommes en colère. La société civile et les chefs de tribu publient des communiqués pour dénoncer tout cela. Ces groupes rebelles ne représentent plus le peuple syrien».

D’après certaines sources, un accord tacite aurait été conclu entre Damas et Ankara. Le régime de Bachar el-Assad accepte l’intervention turque sur son territoire. RFI – 25.01.2018.

Dans la région d’Afrine, des civils kurdes résistent sous le feu turc. « Je ne partirai pas de Jandairis tant que je suis en vie« : les bombardements turcs sur le nord de la Syrie ont endommagé sa maison et poussé ses voisins au départ mais Abou Jiwane, 70 ans, ne se laisse pas décourager. Il explique ne pouvoir aller nulle part: « Toutes les routes sont coupées, nous n’avons même pas de diesel ni de voiture« .

Jandairis, située à proximité de la frontière et d’une ligne de front avec les rebelles pro-turcs, a été particulièrement touchée par des raids aériens et des tirs de roquettes. Les bombardements ont causé des dégâts importants. La maison d’Abou Jiwane et son tracteur ont été considérablement endommagés. Les rues de Jandairis sont couvertes de décombres et la station-essence est désormais hors-service.

L’ONU a fait état de quelque 5.000 personnes déplacées par l’offensive en cours, la plupart au sein même de la région d’Afrine. Les habitants de Jandairis ont pour la plupart trouvé refuge ailleurs dans l’enclave, et ceux qui n’ont pas réussi à le faire se débrouillent comme ils peuvent pour se protéger des bombardements. Un journaliste collaborant avec l’AFP a pu voir plus d’une vingtaine de personnes, notamment des enfants, réfugiés dans une cave faiblement éclairée. L’entrée de Jandairis est ornée de portraits d’Abdullah Öcalan, le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, kurde turc), organisation classée « terroriste » par Ankara. Abdullah Öcalan est emprisonné en Turquie depuis 1999.

L’armée turque maintient son offensive en dépit des appels à la désescalade. Et les Kurdes de Syrie ne se laissent pas abattre. Les drapeaux jaune et vert des YPG flottent aujourd’hui sur la ville d’Afrine et les villages voisins. « Nous sommes tous avec vous !« , peut-on lire sur des bannières en soutien à la milice kurde.

Des responsables kurdes ont accusé Ankara de chercher à dépeupler la région d’Afrine. D’après l’OSDH, les tirs de l’offensive turque ont fait 30 morts parmi les civils à Afrine, tandis que le feu des YPG a tué deux civils dans un secteur voisin.

Mardi, les autorités locales kurdes ont appelé les habitants à la « mobilisation générale » pour « défendre Afrine« . « Nous combattrons et nous ne partirons jamais de Jandairis. Nous sommes justes, et nous avons une cause« , promet Jano, un avocat.  A l’aide de son téléphone, il prend des photos de son quartier détruit: « aucune force ne parviendra à nous chasser de notre terre. » Le Point – 25.01.2018.

 
Trois soldats turcs et onze rebelles de l’ASL tués à Afrine depuis le lancement de l’opération turque dans l’enclave d’Afrine le week-end dernier en Syrie, a déclaré vendredi le ministre turc de la Santé, Ahmet Demircan. Cent trente personnes ont également été blessées et hospitalisées en Turquie et 82 d’entre elles ont quitté l’hôpital après avoir été soignées. Aucun blessé n’est dans un état critique, a dit le ministre à des journalistes après s’être rendu au chevet de soldats blessés.
L’armée turque a affirmé de son côté avoir tué au moins 343 combattants ennemis depuis le début de son intervention. L’Orient – Le Jour – 26.01.2018.

 

«La Turquie fait la guerre avec Daech contre les Kurdes», affirme Eldar Khalil. Au sixième jour de l’opération militaire turque contre les Kurdes de l’enclave d’Afrine, au nord-ouest de la Syrie, Eldar Khalil, haut responsable des combattants kurdes, accuse Ankara de collusion avec les djihadistes de Daech. «Alors que la guerre contre Daech en Syrie était presque terminée, Erdogan vient au secours de Daech pour nous attaquer», dénonce le dirigeant kurde de passage à Paris, dans le cadre d’une tournée européenne d’explication de la cause kurde. Le Figaro – 26.01.2018.

 
Offensive turque en Syrie : l’Otan demande à la Turquie de la mesure. Après plusieurs jours de silence, l’Otan a fini par réagir, jeudi 25 janvier, sur l’offensive de la Turquie dans le nord de la Syrie contre des milices kurdes accusées de « terrorisme« . Jens Stoltenberg, patron de l’alliance militaire, a jugé, dans un communiqué,  que la Turquie « avait le droit de se défendre« , mais de « manière proportionnée et mesurée« . La Turquie, deuxième puissance militaire de l’Otan après les États-Unis, « a briefé cette semaine les Alliés à l’Otan sur son opération dans le nord de la Syrie« , a-t-il ajouté.
Jens Stoltenberg a précisé qu’il avait été en contact avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à propos de cette offensive, mais aussi avec le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel, qui a réclamé jeudi que les 29 pays de l’Otan « discutent » de cette offensive. France 24 – 27.01.2018.

Azaz, une ville aux premières loges face à la bataille d’Afrine. Azaz, seulement à cinq kilomètres de la frontière turque, est le territoire d’un pays ravagé par la guerre civile où la Turquie fait la pluie et le beau temps après l’avoir mis sous sa coupe lors d’une première offensive lancée en août 2016 pour chasser les djihadistes du groupe EI et les milices kurdes des localités syriennes frontalières.
L’opération turque, qui s’était achevée en mars 2017, était baptisée « Bouclier de l’Euphrate« . Depuis, Azaz, une ville de quelque 300.000 habitants, et d’autres localités du nord syrien, sont contrôlées par des rebelles soutenus et armés par Ankara. Une partie de ces rebelles participent depuis le 20 janvier à la nouvelle offensive lancée par Ankara pour déloger les miliciens kurdes des YPG de la région d’Afrine. « Nous sommes en état d’alerte 24 heures sur 24« , dit à l’AFP un officier des forces spéciales turques sur fond de détonations d’obus de mortier provenant de l’autre côté des oliveraies séparant les belligérants. « Cela ne sera pas aussi facile que le Bouclier de l’Euphrate« , admet-il. « Ils (les YPG) se préparent depuis des mois et ils sont plus agressifs que Daech« , ajoute-il. « Je pense que cela prendra plus de temps ».

Dans Azaz, qui était contrôlée par l’EI avant l’intervention turque de 2016, les rebelles de l’ASL patrouillent dans les rues où les habitants semblent vaquer à leurs affaires comme si de rien n’était.  Le Point – 26.01.2018.

 

Sur le terrain, les bombardements turcs ont repris, « mais à un rythme moins intensif, en raison du mauvais temps« , a déclaré l’OSDH.

A Azaz, les détonations sporadiques de l’artillerie turque se font entendre, selon une correspondante de l’AFP. Fusil automatique en bandoulière, des rebelles patrouillent.

D’après l’OSDH, les affrontements dans la région d’Afrine ont fait depuis samedi plus de 110 morts dans les deux camps et 38 civils ont été tués, pour la plupart dans des bombardements turcs. Selon l’Unicef, au moins 11 enfants sont morts dans des bombardements à Afrine, dont le principal hôpital a annoncé être bientôt à court de médicaments.

L’armée turque, qui dément toute frappe contre des civils, a fait savoir que trois de ses soldats avaient été tués et 30 blessés dans les combats. L’Express avec AFP – 27.01.2018.

L’armée turque attaque et complique la paix. Les frappes aériennes se sont intensifiées hier à la frontière entre la Turquie et l’enclave kurde d’Afrine. Ankara vise la milice kurde des YPG. Hier, les forces turques fortifiaient leurs positions sur le Mont Barsaya, colline stratégique prise la veille et qui domine la région syrienne d’Azaz.
Des centaines de Kurdes syriens ont crié leur colère contre le président turc Recep Tayyip Erdogan hier dans la ville d’Afrine, lors des funérailles de victimes de l’offensive turque contre cette région du nord-ouest de la Syrie en guerre. «À bas Erdogan», a scandé la foule venue assister à l’enterrement de 16 combattants et huit civils, tués lors des raids aériens menés par Ankara ou sur le champ de bataille. Au moins 14 personnes, dont cinq enfants, ont péri dimanche dans les frappes aériennes turques qui visent toute la région, a précisé l’OSDH, portant à 55 le bilan des civils tués depuis le début de l’offensive. Les combats ont coûté la vie à sept soldats turcs, selon Ankara, tandis que 76 rebelles qui sont alliés à l’armée turque et 78 combattants kurdes ont été tués dans les affrontements. L’Alsace.fr – 29.01.2018.

 
Armée turque intensifie ses raids sur l’enclave kurde d’Afrine, plus d’une semaine après le lancement d’une offensive visant à chasser les combattants kurdes de ce secteur frontalier de la Turquie, selon l’OSDH.
Elle a bombardé plusieurs secteurs, dont ceux de Rajo et Jandairis, dans le nord-ouest et le sud-ouest de l’enclave située dans la province d’Alep, a précisé l’ONG.

La Turquie a renforcé ses positions dans le nord-ouest syrien, et un convoi de véhicules militaires turcs cherche actuellement à rejoindre un secteur situé à une quarantaine de km au sud d’Afrine. Le convoi a été visé par une attaque à la voiture piégée, selon un communiqué de l’armée turque. Un personnel civil a perdu la vie, un soldat turc et un autre personnel civil ont été blessés.

Depuis le 20 janvier, 85 combattants kurdes ont été tués de même que 81 rebelles pro-Ankara, selon l’OSDH. En outre, 67 civils dont 20 enfants ont péri dans les bombardements turcs, a ajouté l’ONG.

L’armée turque nie viser les civils. Elle a affirmé avoir perdu sept soldats dans l’opération. Le Point – 30.01.2018.

 
L’armée syrienne repousse une attaque turque. Loin de se contenter d’assiéger la région d’Afrine, le bastion des YPG, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a envoyé ce matin ses troupes dans les environs d’Alep. La ville n’est pourtant pas connue pour abriter des unités des YPG.
Ainsi qu’il fallait s’y attendre, la manœuvre de l’armée turque a été perçue comme une agression par les Syriens qui ont immédiatement entrepris de la repousser. «Un convoi militaire turc, entré dans la province d’Alep, s’est retiré de la localité d’Al-Ais après des tirs d’artillerie de l’armée syrienne et des forces qui lui sont fidèles», affirme une source syrienne qui indique que «les forces turques ont riposté». La même source soutient que le projet des Turcs est soit de «contrôler la région ou soit de créer une bande de sécurité». Si c’est vraiment le cas, Recep Tayyip Erdogan prend évidemment le risque d’ouvrir un front avec la Syrie et de compliquer davantage la crise car Damas n’acceptera jamais une telle présence sur son territoire.

Malgré les appels à la retenue, Erdogan a encore réaffirmé, hier, que l’offensive ne s’arrêterait pas «avant l’élimination des Kurdes des YPG qu’Ankara qualifie de “terroristes”». La Turquie a renforcé ses positions dans le Nord-Ouest syrien. Les militaires turcs cherchent actuellement à rejoindre un secteur situé à une quarantaine de kilomètres au sud d’Afrine, ce qui conforte l’idée qu’Ankara veut contrôler davantage de territoires.

Depuis le début de l’opération anti-YPG, le 20 janvier dernier, 85 combattants kurdes ont été tués de même que 81 rebelles pro-Ankara, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). En outre, 67 civils dont 20 enfants ont péri dans les bombardements turcs, a ajouté l’ONG. L’armée turque a affirmé, quant à elle, avoir perdu 7 soldats dans l’opération. La crise syrienne a déjà fait 340 000 morts. Algérie Patriotique (communiqué de presse) – 30.01.2018.

 

7 – Décès –

Corps sans vie – Depuis le 20 janvier, les combats ont déjà coûté la vie à sept soldats turcs, a indiqué M. Erdogan dimanche.  En outre, selon l’OSDH, 69 rebelles soutenus par Ankara et 78 combattants kurdes ont été tués dans les affrontements.

Le conflit a aussi durement touché les civils : d’après l’OSDH, 44 civils ont été tués, pour la plupart dans des bombardements turcs. Ankara dément toute frappe contre les populations.  Plusieurs civils blessés ont afflué dimanche dans le principal hôpital de la ville d’Afrine, selon un reporter collaborant avec l’AFP.  Le Point – 28.01.2018.

 

Les civils sous le feu des frappes turques. Lundi, « les frappes aériennes se sont intensifiées avec la poursuite des tirs d’artillerie » dans le nord et l’ouest de l’enclave d’Afrine, a indiqué l’OSDH. Selon Rami Abdel Rahmane (OSDH), les forces turques et les rebelles syriens alliés ont pris le contrôle de huit localités le long de la frontière depuis le début de l’opération. Au moins 14 personnes, dont 5 enfants, ont péri dimanche dans les frappes aériennes turques qui visent toute la région, a précisé l’OSDH, portant à 55 le bilan des civils tués depuis le début de l’offensive. Dans le principal hôpital d’Afrine, des blessés affluent, installés sur la plateforme d’un pick-up, a constaté dimanche un reporter collaborant avec l’AFP. Mais, dans les rues d’Afrine, relativement épargnée par les combats, un semblant de normalité règne. Pharmacies, épiceries, magasins de vêtements, de chaussures et de jouets ont rouvert leurs portes. Les habitants déambulent sur les trottoirs ou flânent sur les places publiques, où le vendeur de café et les étals de nourritures ont ressurgi. Le Point – 29.01.2018.

 
8 – Coalition –
En 2017, le nombre de civils tués par la coalition en Syrie et en Irak a triplé en raison des assauts lancés contre des centres urbains très peuplés tenus par le groupe EI, selon une ONG.
Au total, en Irak et en Syrie, entre 3923 et 6102 « non-combattants » ont péri et 2443 civils ont été blessés lors de 766 attaques meurtrières en 2017, selon le recensement annuel d’Airwars. En 2016, entre 1243 et 1904 avaient été tués, selon la même source. L’accroissement atteint donc 215%, indique l’ONG fondée à Londres à l’été 2014 et composée de journalistes et de chercheurs.

Airwars répertorie le nombre de victimes civiles causées par les frappes aériennes menées par la coalition et la Russie en Irak et en Syrie. Au cours de l’année, la coalition a fait état de 11.573 frappes aériennes et tirs d’artillerie, soit une augmentation de 50% par rapport à l’an dernier. Ces actions ont visé majoritairement la Syrie (71%) par rapport à l’Irak (29%).

Airwars relève que ce « nombre sans précédent de morts civils coïncide avec le début de la présidence (américaine de Donald) Trump et suggère que la politique visant à protéger les civils a été réduite sous la nouvelle administration« . Durant les huit premiers mois de l’année jusqu’en septembre, Airwars a relevé « plus d’allégations contre la coalition que contre les forces de Moscou« .

La situation est différente en Syrie et en Irak. Le nombre de morts a quadruplé dans le premier pays avec la bataille de Raqqa qui a fait au moins 1450 morts parmi les civils. RTBF – 19.01.2018.

 

500 nouvelles recrues pour la force frontalière controversée. Près de 500 combattants syriens ont achevé samedi dans le nord-est de la Syrie un entraînement en vue de participer à une force controversée supervisée par la coalition internationale anti-djihadistes et qui doit être déployée à la frontière avec la Turquie.

La coalition internationale a annoncé le 14 janvier qu’elle œuvrait à la création d’une force frontalière de 30.000 hommes dont la mission sera d’assurer la sécurité dans les territoires repris au groupe EI en Syrie. La moitié des combattants seront issus des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes alliée de Washington. L’autre moitié sera composée de nouvelles recrues, arabes et kurdes.

Samedi, environ 500 nouvelles recrues ont participé à une cérémonie marquant la fin de leur formation de près de trois semaines à côté de la ville de Hassaké, a constaté un journaliste de l’AFP. Vêtus de treillis, les combattants se sont engagés à protéger les frontières du pays « contre toute attaque ou menace« , sous le regard des formateurs des FDS et de la coalition internationale. Un premier groupe de recrues a achevé sa formation vendredi, a indiqué Kani Ahmed, qui a dirigé l’entraînement. Il n’a pas précisé leur nombre. Les membres de cette force seront déployés du nord-est du pays jusqu’au nord-ouest, tout le long de la frontière avec la Turquie, dans des territoires contrôlés par les Kurdes, a ajouté le responsable. « Leur mission est de protéger la frontière, surtout des menaces venant de la Turquie et de ses mercenaires« , a-t-il poursuivi. « Les formateurs venaient de la coalition et avaient beaucoup d’expérience. Nous avons appris de nombreuses tactiques de combat« , a indiqué Amer al-Ali, un combattant arabe. Le Point – 20.01.2018.

 

La coalition abat, mardi, 150 combattants de l’EI dans un bombardement sur la vallée de l’Euphrate, en Syrie. La frappe aérienne, précise le communiqué, s’est déroulée samedi près d’Al-Chafah, sur la rive est du fleuve, dans la province de Deir Ez-Zor. Elle a été menée sur les quartiers généraux locaux des djihadistes, après que la coalition eut remarqué un attroupement de combattants.

« Le bombardement de précision a été l’aboutissement d’une préparation de renseignement approfondie pour confirmer que le quartier général (…) était un endroit exclusivement occupé par l’EI« , s’est félicitée la coalition, affirmant qu’aucune victime civile n’est à déplorer. L’organisation ultra-radicale conserve quelques poches d’activité résiduelles notamment le long de l’Euphrate.

D’après le communiqué, les alliés arabo-kurdes de Washington, les FDS, ont aidé la coalition en marge de ce bombardement. L’Orient – Le Jour – 24.01.2018.

 

8 – Société –

Les alaouites de Syrie, une communauté déchirée. Qualifiés de « minorité dominante », les alaouites constituent à peine plus de 10% de la population syrienne. Malgré cela, ils ont réussi à contrôler le champ politique au détriment des sunnites et des chrétiens, en investissant le champ militaire et sécuritaire. Mais aujourd’hui, l’unité de façade affichée par la communauté alaouite semble se fissurer en laissant émerger de vieux différends entre grandes familles. La logique des clans, et non plus celle des communautés, pourrait constituer la nouvelle base de reconstruction politique de la Syrie, une fois la guerre civile terminée. RFI – 27.01.2018.

9 – Patrimoine archéologique  –

Quid de la protection des antiquités de ce pays dévasté par la guerre ? Suite à la guerre qui secoue la Syrie depuis mars 2011, une bonne partie des objets et des sites d’héritage historico-culturel du pays ont été endommagés, pillés ou détruits. Dans ces conditions douloureuses, le gouvernement syrien a mis en place un programme d’action spécial pour préserver les richesses culturelles et matérielles syriennes, a expliqué à Sputnik Nazir Awad, vice-directeur général du Département des antiquités et des musées du pays.

«Tout d’abord, les collections des musées ont été évacuées et placées dans des dépôts spéciaux, destinés à protéger les pièces précieuses non seulement contre la guerre et les pilleurs, mais aussi contre les incendies et les inondations», a-t-il précisé. Et d’ajouter que les portes des musées avaient été fortifiées.

Il a constaté que les musées et les expositions de la ville de Raqqa avaient connu un triste sort: leurs collections ont été, d’après lui, pillées par les extrémistes. En outre, aucune information sur le destin du musée d’Idleb n’est disponible dans l’immédiat, a expliqué M.Awad.

Afin de couper court au trafic d’antiquités, un système de contrôle renforcé a été mis en place aux frontières, a encore indiqué l’interlocuteur de l’agence.

Et d’attirer l’attention sur le fait que le sort des vestiges dépendait généralement des militaires qui libèrent telle ou telle ville. Ainsi, relate-t-il, lors de la reprise de Palmyre, les «troupes russes et syriennes ont conduit les combats prudemment, tentant de mener les affrontements loin de la partie historique de la ville et ce pour préserver les vestiges», a-t-il conclu. Sputnik – 17.01.2018.

Un temple millénaire endommagé par des tirs turcs. Un temple néo-hittite vieux de 3000 ans a été endommagé par les frappes aériennes turques dans le nord de la Syrie, a rapporté dimanche une ONG, un expert archéologique déplorant une « catastrophe » similaire aux ravages causés à Palmyre.
Le temple d’Aïn Dara, qui date de « l’ère araméenne » (environ 1300-700 avant J.-C.), se trouve dans l’enclave d’Afrine, cible depuis plus d’une semaine d’une offensive turque, et a été touché vendredi par des frappes aériennes, a précisé l’OSDH. « L’ampleur des destructions est de 60%« , estime Rami Abdel Rahmane (OSDH).

Le site de 50 hectares, découvert en 1982, est célèbre pour ses « lions en basalte, imposants et exceptionnels, et des fresques sculptées dans la pierre« , indique l’ancien directeur général des Antiquités et Musées de Syrie, Maamoun Abdelkarim. « Trois mille ans de civilisation, détruits en une frappe aérienne« , déplore l’expert contacté par l’AFP. Le Figaro.fr avec AFP – 28.01.2018.

 

SITUATION EXTERNE –

1 – Déclarations du gouvernement –
Assad dénonce l’offensive turque, accuse Ankara de soutenir le « terrorisme« . « L’agression turque brutale sur la ville syrienne d’Afrine est indissociable de la politique du régime turc depuis le premier jour de la crise syrienne, une politique essentiellement fondée sur le soutien au terrorisme et aux organisations terroristes, quelles qu’elles soient« , a déclaré M. Assad, dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle Sana.
Depuis le début du conflit syrien en 2011, le régime de Damas a critiqué à plusieurs reprises Ankara pour son soutien aux rebelles, l’accusant de financer des factions djihadistes. Alors que la Turquie a multiplié la semaine dernière les avertissements sur une potentielle intervention militaire, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, a averti que la Syrie pourrait abattre les avions de combat turcs.

Mais Damas a également durci ses positions contre les autorités kurdes, qui ont mis en place des institutions semi-autonomes dans certaines parties du nord de la Syrie, y compris à Afrine. Samedi, un responsable au sein du ministère des Affaires étrangères syrien a nié que la Syrie ait été informée par Ankara de l’opération militaire contre Afrine, la qualifiant de « nouvelle attaque turque contre la souveraineté de la Syrie« . L’Orient – Le Jour – 21.01.2018.

Le négociateur en chef du régime, Bachar al-Jaafari, a accusé vendredi Washington et ses alliés français, britanniques, saoudiens et jordaniens de « tuer » le processus politique, dans une proposition de feuille de route prévoyant notamment une réduction des pouvoirs du président syrien. « Cela relève de l’humour noir » que des pays qui « ont participé au bain de sang du peuple syrien » prétendent « parler d’une solution politique et de l’avenir de la Syrie« , a-t-il déclaré à la presse.

  1. de Mistura a toutefois rappelé que l’ONU restait attachée à une « mise en œuvre entière et complète » de sa résolution 2254, qui prévoit l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections libres dans un environnement neutralisé.

Mais M. al-Jaafari a clairement souligné qu’il privilégierait la réunion proposée par Moscou et Téhéran, alliés de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles. « Le but de la conférence de Sotchi est de nouer, dans l’intérêt national, un dialogue syrien sans interférence étrangère« , a-t-il estimé.

Soupçonné par certaines chancelleries occidentales de viser à contourner le processus onusien, ce que Moscou dément, le congrès russe veut rassembler quelque 1.600 participants.

Mais en l’absence de la majeure partie de l’opposition, sa légitimité apparaît compromise. D’autant que la participation des puissances occidentales, et de l’ONU, apparaît hypothétique. La Depeche.fr – 27.01.2018.

2 – Opposition –
Une délégation de l’opposition se rend à Moscou quelques jours avant le congrès de Sotchi. Dans un communiqué reçu par l’AFP, le Comité des négociations syriennes (CNS), qui représente le spectre le plus large des groupes de l’opposition, a indiqué « répondre à une invitation du ministère russe des Affaires étrangères pour cette visite au cours de laquelle la délégation aura de entretiens avec le chef de la diplomatie, le ministre de la Défense et des membres de la commission étrangère du Parlement« .  Avec cette visite, le CNS espère avoir une idée plus claire de « la véritable position de la Russie face au processus politique » d’autant que ce pays « est partie prenante du conflit et l’un des parrains des pourparlers sur la Syrie« , selon le texte.  Yahya al-Aridi, porte-parole du CNS a indiqué à l’AFP que l’opposition voulait « simplement s’assurer du sérieux de la Russie face au processus de paix dans son ensemble, en particulier celui de Genève« .  A plus d’une semaine du Congrès du dialogue national syrien dans la station balnéaire russe de Sotchi, le CNS ne s’est pas encore prononcé sur sa participation, même si plusieurs groupes rebelles ont rejeté cette initiative en décembre.  Le CNS craint que le processus engagé par Moscou n’empiète sur celui de Genève et des Nations unies.  « Nous allons prendre une position (…) à l’issue de notre visite en Russie« , a indiqué à l’AFP le membre du CNS Hadi al-Bahra.   Le CNS a en revanche indiqué qu’il participerait à une nouvelle session de pourparlers de paix sur la Syrie prévue les 25 et 26 janvier à Vienne sous l’égide de l’ONU. L’Orient – Le Jour – 21.01.2018.
 

Une délégation de l'opposition syrienne en visite aux Etats Unis, le 16 janvier 2018

Une délégation de l’opposition syrienne en visite aux Etats Unis, le 16 janvier 2018

3 – Diplomatie –

3 – 1 – Relations avec l’ONU –
Le chef de l’ONU veut relancer l’enquête sur les armes chimiques en Syrie. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé jeudi le Conseil de sécurité à relancer les efforts pour punir les responsables d’attaques chimiques en Syrie après les veto russes en novembre sur la poursuite des enquêtes internationales.
L’usage d’armes chimiques dans le conflit syrien qui dure depuis près de sept ans « remet sérieusement en cause le tabou planétaire contre ces armes de destruction massive« , s’est alarmé M. Guterres. « Si l’usage d’armes chimiques en Syrie est à nouveau établi, la communauté internationale doit trouver une manière appropriée d’identifier les responsables et de leur demander des comptes« , a-t-il ajouté.

A deux reprises en novembre, la Russie a fait usage de son droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer le renouvellement du mandat d’experts internationaux chargés d’enquêter sur les armes chimiques en Syrie.

L’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies Nikki Haley a envoyé en janvier une lettre à M. Guterres dénonçant les arguments de la Russie. Moscou « semble représenter un effort intentionnel de semer la confusion et de protéger l’usage continue d’armes chimiques par le régime Assad« , a-t-elle écrit dans le document consulté par l’AFP. Ce courrier a été perçu comme posant les bases d’un nouvel effort américain auprès du Conseil de sécurité pour relancer l’enquête.

La mission du JIM a pris fin en novembre mais l’OIAC présente ses propres rapports rédigés lors de missions en Syrie.  L’une de ces enquêtes, dont les conclusions ont récemment été soumises au Conseil de sécurité, indique que du gaz sarin a été utilisé lors d’une attaque contre le village de Latamneh le 30 mars 2017. L’Orient – Le Jour – 18.01.2018.

 

Offensive turque à Afrine : pas de condamnation du Conseil de sécurité. Le Conseil de sécurité n’a pas condamné, ni rédigé de déclaration commune concernant l’offensive turque contre une milice kurde alliée des Etats-Unis, à l’issue d’une réunion lundi.

A la sortie de ces consultations demandées en urgence par Paris, l’ambassadeur de France à l’ONU François Delattre a souligné « la vive préoccupation devant la situation dans le nord de la Syrie avec l’escalade en cours« . Il a aussi évoqué « la situation humanitaire tragique causée par les opérations du régime syrien et ses alliés« , notamment à Idleb et dans la Ghouta orientale, qu’aucun convoi humanitaire transfrontalier n’a pu atteindre depuis des semaines. Mais il est resté très prudent au sujet d’Afrine.  M. Delattre a répété les propos du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian dimanche, à savoir que la France appelait les autorités turques « à la retenue« . Un appel « largement partagé » par les pays présents à la réunion du Conseil, selon lui.

Aucun autre représentant de pays influents du Conseil de sécurité ne s’est exprimé à l’issue de ces consultations, auxquelles l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley n’a pas participé, a précisé une source proche.

La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini s’est dite « extrêmement inquiète » de l’opération militaire turque, qui « pourraient saper » un nouveau cycle de négociations pour la paix en Syrie prévu cette semaine à Vienne.

  1. Delattre a souligné également que la « priorité » était à « l’unité des alliés dans la lutte contre Daech« , et qu’Afrine n’était « qu’un des éléments de la situation en Syrie« . « C’est le moment où il faut rester unis pour poursuivre main dans la main ce combat contre Daech« , a-t-il déclaré. L’Orient – Le Jour – 22.01.2018.

 
Un espoir de justice pour la Syrie. Mandatée par les Nations unies, la magistrate française Catherine Marchi-Uhel travaille à réunir des preuves sur les crimes syriens, pour que leurs auteurs soient, un jour peut-être, traduits en justice.
En prenant ses fonctions à Genève, Catherine Marchi-Uhel s’est dite « à la fois fière et particulièrement humble d’avoir été choisie pour relever ce défi ». Le choix des adjectifs résume la singularité du MIII. Créé en décembre 2016 par l’Assemblée générale de l’ONU, ­celui-ci a pour objectif de réunir des preuves des atrocités commises par le régime syrien, mais aussi par les groupes rebelles et islamistes ainsi que par Daech, afin qu’elles puissent un jour être jugées par des cours nationales ou un hypothétique tribunal international. Catherine Marchi-Uhel compte s’appuyer sur la très riche documentation déjà existante des crimes syriens. Une commission internationale d’enquête et de nombreuses organisations des droits de l’homme ont déjà réuni de multiples témoignages.

Le cas de la Syrie présente une particularité?: l’absence de juridiction internationale, pour le moment, pour juger les crimes qui y ont été commis. Leurs auteurs ne peuvent être traduits devant la Cour pénale internationale (CPI), la Russie, alliée de Damas, s’opposant à sa saisine. Pour qu’ils le soient devant un tribunal international « ad hoc » – comme ce fut le cas pour l’ex-Yougoslavie ou le Rwanda  –, l’aval de Moscou, une fois encore, est nécessaire. C’est donc en ignorant où, quand et par qui les crimes syriens seront jugés que Catherine Marchi-Uhel et son équipe travaillent à en collecter les preuves.

« L’enquête est lancée avant la création d’un tribunal alors que jusqu’à présent, c’était l’inverse, » note Mark Kersten, chercheur à l’université de Toronto et fondateur du blog Justice in Conflict. « C’est une évolution intéressante car, dès que la décision d’en créer un sera prise, un procès pourra commencer. » Cette anticipation repose sur la conviction que, tôt ou tard, la justice agira. « Le MIII est né du sentiment que les crimes commis en Syrie seront inévitablement jugés, et que même si ce n’est pas demain, il est nécessaire de réunir des preuves dès aujourd’hui », poursuit Mark Kersten.

Le 15 mars prochain, Catherine Marchi-Uhel devrait présenter son premier rapport devant l’Assemblée générale des Nations unies. La Croix – 31.01.2018.

 

3 – 2 – Relations avec la France –
Les Russes ne pourront « régler seuls » la crise syrienne.  La Syrie devra un jour être reconstruite et leurs moyens n’y suffiront pas« , a déclaré Jean-Yves Le Drian au quotidien français Le Figaro, sous-entendant qu’ils auront besoin des Occidentaux.   « En attendant, les Européens ne participeront à la stabilisation et à la reconstruction que dans les zones où la gouvernance est acceptable sur le plan des droits fondamentaux« , a ajouté le ministre français dans une allusion aux régions syriennes sous contrôle kurde.   La Banque mondiale a estimé le coût des pertes dues à la guerre à 226 milliards de dollars, soit l’équivalent de quatre fois le PIB syrien d’avant la guerre.  Outre la destruction des infrastructures, le conflit a « taillé en pièces le tissu social et économique du pays« , a-t-elle estimé en juillet 2017.  « Aucune paix ne sera durable ni juste sans la participation des États-Unis, de l’Europe et des pays de la région« , a martelé le ministre français. L’Orient – Le Jour – 21.01.2018.
 
La Turquie « totalement condamnable » si elle « occupe » des territoires en Syrie, selon Le Drian. La Turquie sera « totalement condamnable » si elle mène en Syrie des opérations militaires à des fins d' »occupation territoriale » ou de « conquête« , a déclaré mardi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian devant le Parlement.
« Nous comprenons que la Turquie veuille sécuriser sa frontière et combattre les groupes terroristes qui s’y trouvent et, vous le savez, il y en a de nombreux« , a répondu le ministre, brièvement hué, à un député qui l’interrogeait sur la position de la France concernant l’opération turque dans la région kurde d’Afrine, dans le nord de la Syrie.  « Mais nous ne pouvons valider que cela se fasse au détriment des populations civiles, d’autant plus qu’il s’agit souvent de réfugiés et de déplacés et il y en a plusieurs centaines de milliers« , a ajouté M. Le Drian. « Par ailleurs, si d’aventure la Turquie menait des opérations à des fins d’occupation territoriale ou de conquête, alors elle serait totalement condamnable« , a-t-il poursuivi. « Ce sont les deux points que nous avons fait valoir aux autorités turques et le président de la République (Emmanuel Macron) a eu l’occasion de le dire à (son homologue turc) M. Erdogan. »

Le député communiste Jean-Paul Lecoq a reproché à M. Le Drian de « cautionner des crimes de guerre » en « expliquant que la Turquie est impliquée à Afrine pour sa propre sécurité » et a dénoncé de son côté « une opération de nettoyage ethnique contre les Kurdes« . « Monsieur le Premier ministre, pourriez-vous condamner fermement et officiellement ce qui se passe en ce moment dans la région d’Afrine et en Syrie (du fait de) l’armée turque ?« , a également lancé le député à Edouard Philippe.

Le chef de la diplomatie française a par ailleurs réitéré la nécessité de s’en tenir au cadre des Nations Unies pour un règlement politique du conflit en Syrie.

« La résolution de cette crise passera par l’urgence d’une solution sous l’égide des Nations Unies (…) Cela ne se passe pas à Sotchi, cela doit se passer à Genève« , a-t-il martelé au moment où un Congrès national syrien est réuni dans cette station balnéaire russe, sur les bords de la mer Noire. L’Orient – Le Jour – 30.01.2018.

 

3 – 3 – Relations avec les Etats-Unis –Les États-Unis veulent contenir l’influence de Bachar el-Assad. Les Américains sont arrivés à une conclusion simple : comme d’autres, Bachar el-Assad ne va pas abandonner le pouvoir en Syrie à moins d’être éliminé. « Il est important de contenir son influence en l’empêchant de remettre la main sur la totalité de son territoire. La ‘Force de sécurité frontalière’ que vont créer les États-Unis servira d’abord à ça« , explique Étienne Leenhardt sur le plateau de France 2.

Les Américains ont 2 000 hommes en Syrie. Les États-Unis envoient aux pays qui ont soutenu à bout de bras le régime syrien, la Russie et l’Iran, un message clair : « Nous ne vous laisserons pas faire n’importe quoi dans la région« . « Les Américains ont 2 000 hommes en Syrie avec plusieurs bases opérationnelles dans le nord et dans l’est du pays. En montrant leurs muscles, ils veulent aussi rassurer leurs alliés tels qu’Israël« , conclut le journaliste. France 2 – 16.01.2018.

Washington précise ses ambitions et mécontente Ankara. Après avoir annoncé qu’ils allaient former 30.000 miliciens pour protéger les frontières de leurs alliés kurdes du nord de la Syrie, les États-Unis ont, sous la pression turque, revu à la baisse leurs ambitions. «Il ne s’agit pas d’une nouvelle armée ou d’une force conventionnelle de garde-frontières», a précisé jeudi un communiqué du Pentagone.  Le Pentagone, mercredi, s’est dit «conscient des inquiétudes de la Turquie, partenaire de la coalition et alliée de l’Otan». Cette force sera orientée vers les questions de sécurité internes, a alors minimisé le Pentagone, «pour empêcher les combattants de l’EI de quitter la Syrie et pour améliorer la sécurité dans les zones libérées», assure désormais Washington.
Bref, une certaine confusion règne sur les intentions des États-Unis dans le nord de la Syrie. Mercredi, Rex Tillerson, le secrétaire d’État, a cherché à lever le doute sur la réalité de l’engagement américain en Syrie. «Il est crucial, pour notre intérêt national, de maintenir une présence militaire et diplomatique en Syrie», a affirmé le chef de la diplomatie américaine, lors d’un discours à l’université de Stanford en Californie. Tillerson a énuméré les objectifs que s’assigne Washington, en restant en Syrie. D’abord «que l’EI ne refasse surface». «L’EI, a-t-il dit, a actuellement un pied dans la tombe, et en gardant une présence militaire américaine en Syrie, il en aura bientôt deux». Rex Tillerson a appelé à ne pas «faire la même erreur qu’en 2011» lorsqu’«un départ prématuré d’Irak a permis à al-Qaida de survivre» dans ce pays avant de muer pour donner vie à l’EI.

D’autre part, en restant en Syrie, les troupes américaines entendent lutter contre le renforcement de la présence iranienne dans ce pays. «Un désengagement américain» fournirait à l’Iran «une occasion en or de renforcer encore davantage ses positions en Syrie», estime Tillerson. Washington veut éviter qu’à terme, l’Iran ne puisse «se rapprocher de son grand objectif, le contrôle de la région», a martelé le chef de la diplomatie américaine.

Enfin, les États-Unis ne veulent rien faire qui puisse aider Bachar el-Assad à rester au pouvoir. «Un retrait total du personnel américain à ce stade aiderait Assad à continuer de brutaliser son propre peuple», a-t-il justifié. Or, a ajouté Tillerson, «une Syrie stable, unie et indépendante nécessite, in fine, un leadership post-Assad pour voir le jour».

Réagissant à ces propos, Ankara a affirmé qu’il n’hésitera pas à intervenir en Syrie, dans la poche d’Afrine, et ailleurs le long de sa frontière, à moins que les États-Unis cessent de soutenir les milices kurdes qui opèrent dans la région. Malgré l’apaisement américain, la Turquie a fait savoir jeudi qu’elle n’était «pas satisfaite» par les dernières déclarations du Pentagone. «Nous avons besoin de voir des mesures concrètes», a insisté le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu, lors d’un entretien à la chaîne de télévision CNN-Türk.

Mais avant de lancer une offensive militaire contre les Kurdes syriens, Cavusoglu a affirmé la nécessité de se «coordonner» avec la Russie, dont des soldats sont déployés comme «observateurs» à Afrine, afin d’ «éviter tout accident». «Il ne faut pas qu’elle (la Russie) s’oppose à une opération à Afrine», a souligné le ministre turc des Affaires étrangères.

Dans ce contexte, le chef d’état-major turc Hulusi Akar et le patron des services de renseignements turcs Hakan Fidan se sont rendus jeudi à Moscou pour évoquer avec le chef de l’armée russe la situation en Syrie. Ces développements interviennent au moment où la situation à la frontière turco-syrienne est de plus en plus volatile: l’armée turque y a déployé cette semaine plusieurs chars et pièces d’artillerie. Et jeudi matin, elle a tiré au mortier sur des positions kurdes, en riposte à des tirs en provenance de l’autre côté de la frontière, selon l’agence de presse officielle turque Anadolu. La Turquie osera-t-elle attaquer Afrine sans le feu vert de la Russie? Non, répondent plusieurs experts.

La Syrie, de son côté, considère que le maintien de la présence militaire américaine dans le Nord représente «une agression» contre la souveraineté syrienne. Le Figaro.fr – 18.01.2018.

Visite surprise à Raqqa d’un haut responsable américain. Mark Green, chargé de l’aide humanitaire au sein de l’administration américaine, a effectué lundi une visite surprise à Raqqa, quelques mois après la chute de cette ville. Mark Green était accompagné par le général Joseph Votel, qui supervise les troupes américaines au Moyen-Orient. « Actuellement, la population veut vraiment rentrer chez elle, c’est une opportunité à saisir« , a déclaré Mark Green, directeur de l’agence américaine pour le développement international (USAID), dans un entretien accordé à Reuters après sa visite. L’Orient – Le Jour – 22.01.2018.

Deux conseillers militaires américains tués par une frappe aérienne turque. Les médias syriens ont rapporté que dans l’enclave kurde d’Afrine, à la suite de la frappe aérienne d’avions militaires turcs, deux conseillers militaires des États-Unis ont été tués. Le Pentagone n’a pas encore commenté. Réseau International – 26.01.2018.

 
Les USA n’envisagent pas de retirer leurs troupes de Minbej, en dépit des avertissements de la Turquie, rapporte lundi la chaîne CNN citant le chef du CentCom, le commandement central des forces américaines. Retirer les forces américaines de Minbej, a déclaré le général Joseph Votel, n’est « pas une chose que nous étudions« . Les forces américaines pourraient de ce fait se retrouver face à face avec l’armée turque, qui intervient depuis plus d’une semaine pour chasser les miliciens kurdes du secteur d’Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie. L’Orient – Le Jour – 29.01.2018.
 

3 – 4 – Relations avec l’Iran –

Téhéran dénonce le projet américain en Syrie.  Le projet de la coalition sous commandement américain de constituer une nouvelle force de gardes-frontières dans la région du nord de la Syrie contrôlée par les Kurdes et leurs alliés arabes va « jeter de l’huile sur le feu de la guerre« , ont déploré mardi les autorités iraniennes en écho aux propos tenus la veille par Ankara, Damas et Moscou. « L’annonce par les Etats-Unis de la création d’une force frontalière en Syrie est une ingérence évidente dans les affaires internes de ce pays« , a déclaré Bahram Qasemi cité par l’agence de presse d’Etat Irna avant de demander le retrait de Syrie de toutes les forces américaines. Moscou a dénoncé lundi le projet américain par la voix de son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, qui a estimé qu’il risquait de conduire à une « partition de fait » de la Syrie. Le Figaro.fr avec AFP – 16.01.2018.

 
Rohani : Nous poursuivrons le soutien à la Syrie jusqu’à la réalisation de la victoire sur le terrorisme.  Recevant aujourd’hui le président de l’Assemblée du peuple, Hamouda Sabbagh, un certain nombre de membres de l’Assemblée et l’ambassadeur de Syrie à Téhéran, Adnan Mahmoud, Rohani a condamné la présence illégale des forces américaines sur les territoires syriens, laquelle se contredit avec les lois et les normes internationales.
Rohani a souligné la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme et de faire face aux immixtions étrangères. « Le gouvernement et le peuple en Iran se tiendront toujours aux côtés du gouvernement et du peuple en Syrie », a-t-il martelé, affirmant l’importance du retour rapide des déplacés syriens à leur Patrie et du lancement de la reconstruction.

De son côté, Sabbagh a remercié l’Iran pour ses positions honorables soutenant la Syrie dans sa guerre contre le terrorisme. « Nous sommes venus en Iran pour prendre part aux travaux de la 13e session de la conférence de l’Union parlementaire des Etats membres de l’Organisation de la Coopération islamique », a-t-il fait noter, ajoutant que comme l’Iran avait joué un rôle dans la lutte antiterroriste en Syrie, on espère qu’il jouera un rôle plus important dans la reconstruction de la Syrie. SANA – 16.01.2018.

 

3 – 5 – Relations avec la Turquie –
Riposte turque immédiate en cas de menace venant de l’Ouest syrien, a prévenu mercredi son Conseil national de sécurité.
L’annonce, dimanche, de la formation d’un corps de gardes-frontières arabo-kurde qui aurait le soutien de la coalition conduite par les Etats-Unis a scandalisé la Turquie qui y voit une atteinte à ses intérêts. Selon le Conseil national de sécurité, la décision des Etats-Unis va à l’encontre des préoccupations sécuritaires d’Ankara qui considère les milices syriennes arabo-kurdes YPG comme le prolongement du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation que la Turquie, comme les Etats-Unis et l’Union européenne, qualifient de terroriste.

Le gouvernement turc ne permettra pas que se forme une « armée terroriste » à ses frontières, a prévenu le Conseil dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion de cinq heures. « Toutes les mesures seront prises » et toutes les armes confiées aux combattants kurdes seront confisquées sans délais, a-t-il ajouté. Zonebourse – 17.01.2018.

La Syrie promet une riposte à toute campagne militaire de la Turquie sur son territoire. Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Faiçal Mekdad, a averti que son pays riposterait militairement à toute campagne militaire turque dans le nord de la Syrie, a rapporté l’agence de presse syrienne SANA. Avertissant qu’une « réponse appropriée » serait apportée à toute campagne militaire turque, M. Mekdad a précisé que l’armée de l’air était entièrement rétablie et se tenait prête à détruire tout avion de guerre turc se trouvant dans l’espace aérien syrien.

Cette nouvelle escalade intervient alors que la Turquie menace de lancer une campagne militaire dans la région kurde d’Afrine, dans la province d’Alep, dans le nord de la Syrie. « Afrine en particulier ainsi que les régions Nord et Nord-Est ont toujours été et seront toujours des territoires syriens« , a ajouté M. Mekdad. Le Maghreb Emergent – 18.01.2018.

La Syrie condamne l’agression turque contre Afrine. Dans une déclaration qu’elle a donnée aujourd’hui à SANA, une source officielle du ministère des AE et des Expatriés a dit que la République arabe syrienne condamne avec fermeté l’agression turque abominable contre la ville d’Afrine qui fait partie des territoires syriens, assurant que cette agression constitue le pas le plus récent dans les attaques turques contre la souveraineté syrienne.
La source a ajouté que la Syrie dément catégoriquement les allégations du régime turc de l’informer de cette opération militaire qui fait partie des mensonges lancés par le régime turc. Et la source de conclure : « La Syrie réclame à la communauté internationale de dénoncer cette agression turque et de prendre les mesures exigées pour y mettre fin ». SANA – 20.01.2018.

 

La Turquie tient le régime syrien informé de l’opération dans la région d’Afrine. La Turquie a déclaré samedi qu’elle tenait le président syrien Bachar el-Assad informé de son offensive dans la région syrienne d’Afrine contrôlée par les Kurdes. « Nous avons informé toutes les parties de ce que nous faisons. Nous informons même le régime syrien par écrit« , a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu sur la chaîne 24 TV. « Même si nous n’avons pas de relations avec le régime, nous entreprenons des actions en conformité avec le droit international« . L’Orient – Le Jour – 20.01.2018.

La Syrie nie avoir été informée par Ankara de l’attaque sur Afrine. « La Syrie nie complètement les allégations du régime turc selon lesquelles il l’a informée de cette opération militaire« , a déclaré une source au sein du ministère des Affaires étrangères syrien à l’agence de presse officielle Sana. Cette même source a « condamné fermement la brutale agression de la Turquie sur Afrine, qui est une partie intégrante du territoire syrien« . L’Orient – Le Jour – 20.01.2018.
 

La Turquie avait prévenu les USA. Ankara avait prévenu Washington avant de lancer son opération aérienne et terrestre contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, a assuré ce dimanche le ministre américain de la Défense Jim Mattis, estimant que les préoccupations sécuritaires de la Turquie étaient « légitimes« . « La Turquie a été franche, ils nous ont avertis avant de lancer l’aviation, ils nous ont dit qu’ils allaient le faire en consultation avec nous et nous travaillons maintenant sur la marche à suivre avec le ministère des Affaires étrangères« , a déclaré le ministre à des journalistes qui l’accompagnaient à bord d’un avion le conduisant en Asie pour une tournée d’une semaine. Le figaro.fr – 21.01.2018.

 

Erdogan espère terminer « en très peu de temps » l’incursion turque en Syrie. « Si Dieu le veut, nous terminerons cette opération en très peu de temps« , a déclaré lors d’un discours à Bursa (nord-ouest) M. Erdogan, qui s’exprimait pour la première fois depuis le lancement, samedi, d’une offensive turque contre les Unités de protection du peuple (YPG) dans la région d’Afrine.

Le Premier ministre Binali Yildirim, cité par les médias, a affirmé que des soldats turcs étaient entrés dimanche matin en Syrie dans le cadre de cette opération qui a débuté samedi soir avec des bombardements de l’aviation. « Nous sommes restés en contact toute la nuit avec le Premier ministre (Yildirim) et le chef d’état-major (Hulusi Akar)« , a déclaré M. Erdogan, appelant ses concitoyens à « prier » pour les soldats qui prennent part à l’offensive. L’Orient – Le Jour – 21.01.2018.

 

Quiconque manifeste contre l’offensive turque en Syrie « paiera un prix très élevé« , affirme Erdogan. « Voyez maintenant (…), le HDP (principal parti pro-kurde de Turquie) appelle mes frères kurdes à manifester. Jusqu’à présent, peu d’entre eux sont sortis dans la rue« , a déclaré M. Erdogan lors d’un discours à Bursa (nord-ouest). « Je vous le dis: attention ! Si certains suivent ces appels (à manifester) et commettent l’erreur de sortir dans la rue, ils paieront un prix très élevé« , a averti M. Erdogan, au deuxième jour d’une offensive d’Ankara contre une milice kurde dans le nord de la Syrie. « C’est une lutte nationale, et nous écraserons quiconque s’oppose à cette lutte nationale« , a poursuivi le chef de l’Etat.

Peu avant, M. Erdogan avait averti le HDP contre toute tentative d’organiser des rassemblements contre l’opération en Syrie. « Laissez-moi vous dire ceci: vous êtes suivis à la trace (…) Quelle que soit la place (publique) où vous sortirez, nos forces de sécurité seront sur vous« , avait-il déclaré. L’Orient – Le Jour – 21.01.2018.

 

Le président Recep Tayyip Erdogan a indiqué que l’opération se déroulait en accord avec Moscou.  « La question d’Afrine sera réglée, il n’y aura pas de marche arrière. Nous en avons parlé avec nos amis russes, nous avons un accord« , a-t-il déclaré lors d’un discours à Ankara.

Moscou n’a pas officiellement confirmé qu’un accord existait avec Ankara, et a même appelé la Turquie à la « retenue« . Mais nombre d’analystes estiment qu’une offensive majeure ne peut être lancée en Syrie sans l’aval de la Russie. Cette dernière contrôle l’espace aérien dans le nord du pays, et a retiré la semaine dernière ses troupes qui étaient déployées à Afrine.

Le chef de l’État turc a également critiqué les États-Unis, alors que les relations entre Ankara et Washington, partenaires au sein de l’Otan, n’ont cessé de se dégrader au cours des derniers mois. « L’Amérique nous dit ‘la durée [de l’opération] doit être limitée, il ne faut pas qu’elle soit trop longue […] Comment osez-vous nous dire cela ?‘ », a lancé Recep Tayyip Erdogan. « Nous partirons quand le travail sera terminé, nous n’avons pas l’intention de rester« .  LEXPRESS.fr avec AFP – 22-01-2018.

 

Erdogan promet de poursuivre l’offensive contre les Kurdes. Cette opération turque en Syrie continue à alimenter des frictions avec les Etats-Unis, mais le Pentagone a affirmé jeudi que Washington et Ankara étaient en discussion concernant la création d’une « zone sécurisée » le long de la frontière syrienne. « Clairement, nous continuons à parler aux Turcs de la possibilité d’une zone sécurisée, appelez cela comme vous voulez« , a déclaré à des journalistes Kenneth McKenzie, porte-parole du ministère américain de la Défense.

Au sixième jour de cette offensive contre l’enclave d’Afrine, M. Erdogan s’est rendu jeudi, lors d’une visite surprise à la frontière syrienne, au QG de commandement de l’opération dans la province de Hatay en compagnie du chef de l’armée et du ministre de la Défense, selon la présidence turque. Lors de ce déplacement, il a affirmé que l’offensive, qui vise la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée comme « terroriste » par Ankara, se poursuivrait « jusqu’à ce que le résultat soit obtenu« , selon un communiqué de la présidence turque.

Le président turc a assuré que l’opération visait à « nettoyer Afrine des terroristes » et à permettre aux Syriens réfugiés en Turquie de rentrer dans leur pays.

Sur le terrain, l’artillerie et l’aviation turques ont de nouveau pilonné les positions des YPG. La localité de Jandairis, située près d’une ligne de front avec les rebelles pro-turcs, a été particulièrement touchée par des raids aériens et des tirs de roquettes. Depuis samedi, près de 100 combattants des YPG et des groupes rebelles syriens pro-turcs ont été tués, ainsi que 33 civils, la plupart dans des bombardements turcs, selon l’OSDH. Ankara dément avoir touché des civils. L’armée turque a déploré trois morts. Le Point – 26.01.2018.

Erdogan menace d’élargir l’offensive à d’autres villes du nord de la Syrie l’offensive turque en cours contre l’enclave d’Afrine, afin d’éliminer toute présence d’une milice kurde considérée comme terroriste par Ankara.
Dans un discours télévisé, M. Erdogan a promis de « nettoyer » Minbej, située à une centaine de kilomètres à l’est d’Afrine où des forces américaines sont présentes aux côtés des miliciens kurdes et de « ne laisser aucun terroriste jusqu’à la frontière irakienne« .

Ces propos marquent un durcissement dans le discours turc, car Ankara concentrait jusqu’à présent sa lutte contre la présence des YPG à l’ouest de l’Euphrate, où se trouvent Afrine et Minbej. Mais il semble à présent déterminé à agir aussi à l’est du fleuve en direction de la frontière irakienne.

Outre Minbej, les forces américaines sont présentes aux côtés des YPG dans plusieurs régions de l’est. « Certains nous demandent avec insistance de faire en sorte que cette opération soit courte (…) Attendez, ça ne fait que sept jours. Combien de temps a duré l’Afghanistan? Combien de temps a duré l’Irak ?« , a dit vendredi M. Erdogan, en guise de pique contre Washington. Réitérant ses critiques contre le soutien, notamment logistique, des Etats-Unis aux YPG, M. Erdogan a déclaré : « Les terroristes se promènent dans la région avec des drapeaux américains« . L’Orient – Le Jour – 26.01.2018.

 
La Turquie à l’offensive, Erdogan inflexible. La Turquie a affirmé dimanche avoir capturé une colline « stratégique » du nord-ouest de la Syrie dans le cadre de sa campagne contre une milice kurde alliée des Etats-Unis, qui a tendu les rapports entre Ankara et Washington.  « Le Mont Barsaya a été repris vers 14H30 (11H30 GMT)« , a indiqué l’état-major turc dans un communiqué, au neuvième jour de son opération contre la milice kurde des YPG.
« Les terroristes ne pourront échapper à la fin douloureuse qui les attend, ni à Afrine, ni à Minbej« , a déclaré, Erdogan, dimanche lors d’un discours à Corum (nord de la Turquie). « La frontière (syrienne) sera nettoyée« .

Sur le terrain, les bombardements de l’artillerie et des avions turcs étaient plus importants que lors des jours précédents et se poursuivaient en fin d’après-midi, selon une correspondante de l’AFP à la frontière. L’Express avec AFP – 28.01.2018.

 

3 – 6 – Relations avec le Liban –
Deux Syriens arrêtés à Ersal. La Sécurité de l’État a arrêté deux Syriens accusés de « faire partie d’un groupe terroriste » à Ersal, dans la Békaa, rapporte mercredi l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). De la drogue a été saisie en leur possession, précise l’agence.
Mardi, l’armée libanaise avait annoncé avoir arrêté vingt ressortissants syriens lors d’une descente dans un camp de déplacés de la région de Ersal. Les personnes appréhendées étaient également suspectées d’avoir « été en contact avec des organisations terroristes, d’avoir assuré la logistique de leurs opérations et d’avoir été impliquées dans le trafic d’armes« , selon l’armée.

Les djihadistes, qui sévissaient depuis le début de la guerre en Syrie, sur les hauteurs d’Ersal, Qaa et Ras Baalbeck (Békaa), ont été évacués en août dernier après plusieurs jours de combat, soldés à la suite d’un accord entre ces extrémistes et le Hezbollah. L’Orient – Le Jour – 17.01.2018.

 

3 – 7 – Relations avec le Hezbollah –

Le Hezbollah libanais dénonce le maintien de forces américaines en Syrie, le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah, y voyant un « prétexte » pour avoir des « bases » au Moyen-Orient.

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a affirmé mercredi qu’il était « crucial » de « maintenir une présence militaire en Syrie« , jusqu’à ce que le groupe EI soit totalement vaincu, mais aussi pour contrer l’influence iranienne.

« Avec comme prétexte l’EI, ils (les Etats-Unis) veulent rester en Syrie« , a lancé le chef du Hezbollah lors d’une allocution télévisée consacrée à ses combattants morts au front. « Les Irakiens et les Syriens sont capables d’empêcher le retour de l’EI (…) pas besoin de bases américaines ou de forces américaines« , a martelé M. Nasrallah. RTBF Info – 19.01.2018.

 

4 – Réactions des pays face à l’attaque turque au nord de la Syrie –

Londres comprend l' »intérêt légitime » de la Turquie à sécuriser sa frontière, après le lancement par Ankara d’une offensive contre une milice kurde qu’elle considère comme une organisation terroriste, dans le nord de la Syrie.

Un porte-parole du Foreign Office britannique a indiqué que Londres « suivait étroitement » les développements dans la région d’Afrine. « La Grande-Bretagne a régulièrement discuté avec les autorités turques les questions relatives au conflit syrien, avec pour objectif commun de réduire la violence et de parvenir à un accord politique« , a dit ce porte-parole à l’AFP. « Nous reconnaissons le fait que la Turquie a un intérêt légitime à assurer la sécurité de ses frontières« , a-t-il ajouté. L’Orient – Le Jour – 20.01.2018.

 

Paris appelle Ankara à cesser son offensive contre les Kurdes syriens. La ministre française des Armées Florence Parly a appelé dimanche la Turquie à cesser ses opérations contre les Kurdes syriens, estimant que cela ne pouvait que nuire à la lutte contre le groupe EI. « Il faut que nous revenions à l’essentiel, c’est la lutte contre le terrorisme et tous ces combats, notamment ceux qui ont lieu en ce moment de façon terrible en Syrie dans la poche d’Idleb ou ailleurs, doivent être arrêtés« , a-t-elle dit sur la chaîne de télévision France 3. « Ce combat-là (offensive turque contre une milice kurde, ndlr) pourrait détourner les forces combattantes kurdes, qui sont au côté et très engagées au sein de la coalition à laquelle la France appartient, du combat primordial (contre le terrorisme)« , a-t-elle souligné. « Ce sont les forces kurdes syriennes dont il s’agit, ne l’oublions pas, et il me semble que la préoccupation du président (turc Recep Tayyip) Erdogan ce sont les forces kurdes turques« , a-t-elle ajouté.

Le ministère français des Affaires étrangères a aussi appelé la Turquie à « agir avec retenue« . « La France est attentive à la sécurité de la Turquie, de son territoire et de ses frontières« , a déclaré le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay dans un communiqué. « Elle appelle les autorités turques à agir avec retenue dans un contexte difficile où la situation humanitaire se détériore dans plusieurs régions de Syrie en conséquence des opérations militaires qui y sont menées par le régime de Damas et ses alliés« , a-t-il ajouté. Le ministère a aussi insisté sur « l’importance prioritaire de conduire à son terme la mission de la Coalition internationale contre Daech (acronyme arabe de l’EI)« .

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian s’est entretenu dimanche matin par téléphone de la situation avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu. M. Le Drian a par ailleurs demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour « évaluer les risques humanitaires » en Syrie.

Interrogée sur un risque que les Kurdes syriens ne soient in fine les laissés pour compte des intérêts divergents dans la crise syrienne, Florence Parly a répondu : « c’est évidemment ce que l’on ne souhaite pas mais pour l’instant il est trop tôt pour le dire« .

Florence Parly s’est refusée par ailleurs à fixer une échéance pour la fin des opérations de la coalition internationale emmenée par les États-Unis contre l’EI, alors que le président français Emmanuel Macron a évoqué récemment le mois de février. « Ça prendra sans doute encore un peu de temps« , a-t-elle prudemment avancé en rappelant que si « Daech sur le terrain est défait« , ses combattants « sont en train de rentrer dans la clandestinité« . « Ce qui est important maintenant, c’est de maintenir une stabilité suffisante pour qu’un processus politique s’enclenche, permettant de déboucher sur des élections. C’est ce qui en train de se passer en Irak où des élections sont programmées au mois de mai« , a-t-elle souligné. L’Orient – Le Jour – 21.01.2018.

L’Iran réclame l’arrêt immédiat de l’offensive turque en Syrie dans l’enclave kurde syrienne d’Afrine, rapporte l’agence de presse d’Etat Irna.
« L’Iran espère que cette opération va cesser immédiatement afin d’empêcher une aggravation de la crise dans les régions frontalières de Turquie et de Syrie« , a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qasemi. « Une crise prolongée à Afrine pourrait renforcer (…) les groupes terroristes dans le nord de la Syrie« , a-t-il ajouté, cité par Irna. L’Orient – Le Jour – 21.01.2018.

 

Le Kremlin a indiqué lundi « suivre de manière la plus attentive » le déroulement de l’opération turque dans le nord de la Syrie et la situation humanitaire dans cette zone, en assurant être en contact sur le sujet avec Damas, comme avec Ankara. Pour la Russie, « le principe fondamental reste celui de l’intégrité territoriale de la Syrie« , a souligné le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. L’Orient – Le Jour – 22.01.2018.
La France demande une réunion du conseil de sécurité des Nations Unies  sur les opérations en Syrie et notamment dans l’enclave d’Afrine où sont entrée dimanche les forces turques, a annoncé le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Le Figaro.fr avec Reuters – 21.01.2018.
La Russie appelle la Turquie à la retenue. Selon Ankara, le régime de Bachar el-Assad est informé par écrit de l’opération, ce que nie Damas et ce qui a provoqué les premières mises en garde de Moscou. La Russie, alliée de Damas, se dit préoccupée et appelle à la retenue.

Une retenue qui n’était pas de mise sur le terrain puisque ce lundi l’aviation et l’artillerie turque ont continué à bombarder des objectifs dans la région d’Afrine où des combats meurtriers opposaient les forces turques aux combattants kurdes. Après 3 jours d’offensive, 54 combattants, dont 26 miliciens kurdes, et 19 rebelles syriens auraient été tués d’après l’OSDH. Vingt-deux civils auraient également perdu la vie toujours selon l’ONG, ce que nie Ankara. RFI  – 23.01.2018.

 
Offensive turque en Syrie: Macron dit sa « préoccupation » à Erdogan. « En tenant compte des impératifs sécuritaires de la Turquie, le président de la République a exprimé à son homologue turc sa préoccupation suite à l’intervention militaire lancée samedi dans le canton d’Afrine« , a indiqué la présidence française dans un communiqué, après un entretien téléphonique entre les deux chefs d’État.
Lors de son entretien avec le chef de l’État turc, consacré à la Syrie, M. Macron a « souligné la préoccupation de la France sur la grave dégradation de la situation humanitaire, en particulier dans la province d’Idleb et la Ghouta orientale. L’ouverture sans délai des accès humanitaires aux populations civiles doit demeurer une priorité absolue« , a insisté l’Élysée.

« Le président Emmanuel Macron a rappelé la nécessité d’une part de lutter en priorité contre Daech et toutes les forces djihadistes en présence, d’autre part d’assurer pour les populations civiles des conditions humanitaires indispensables, et enfin de favoriser les conditions sur le terrain d’une solution politique durable« , a conclu l’Élysée. L’Orient – Le Jour – 23.01.2018.

 
Paris « comprend » Ankara mais appelle à la retenue en Syrie. La France a une nouvelle fois appelé mardi la Turquie à la retenue en Syrie tout en disant comprendre le « souci » d’Ankara concernant la sécurisation de sa frontière, trois jours après le lancement d’une offensive turque controversée contre des zones contrôlées par les forces kurdes.
« J’ai eu l’occasion de dire à mon collègue turc hier matin au téléphone que cette offensive nous préoccupait et que si nous comprenions le souci de sécurisation des frontières qu’a la Turquie en ce moment, nous ne pouvions qu’appeler la Turquie à faire preuve de la plus grande retenue à ce sujet« , a dit le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

« Nous pensons indispensable qu’il y ait une accélération du processus politique pour éviter l’apparition de nouveaux conflits en Syrie qui ne seront pas les mêmes qu’auparavant mais qui seront aussi dramatiques« , a-t-il souligné, lors de ses vœux à la presse à Paris. « Nous appelons l’ensemble des parties à retrouver le chemin de Genève pour qu’il y ait une solution politique (…). Sinon on va avoir une multiplication de drames et de conflits comme ceux qui apparaissent aujourd’hui« . L’Orient – Le Jour – 23.01.2018.

 

Réactions – La Turquie, qui a enterré hier son premier soldat tué dans les combats, a indiqué avoir perdu deux autres militaires dans le cadre de cette opération meurtrière pour les deux camps. « Grâce à Dieu, nous allons sortir victorieux de cette opération, ensemble avec notre peuple et l’Armée syrienne libre », a déclaré M. Erdogan lors des funérailles du premier soldat tué. Hier aussi, le Premier ministre turc Binali Yildirim a souligné que « cette opération se poursuivra jusqu’à ce que le dernier terroriste soit éliminé ».

Plusieurs pays ont exprimé leur préoccupation face à cette opération, qui survient alors que les violences ont repris de plus belle en Syrie ces dernières semaines, avec des bombardements du régime sur la Ghouta orientale, à l’est de Damas, et à Idleb, dans le nord-ouest du pays. « La violence à Afrine trouble ce qui était jusque-là une zone relativement stable de Syrie », a ainsi déclaré hier le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, appelant Ankara à « faire preuve de retenue dans ses opérations militaires comme dans sa rhétorique ». L’Union européenne s’est dit « extrêmement inquiète », lundi, tandis que le Qatar, proche d’Ankara, a exprimé hier son soutien à l’offensive. Lundi, le Conseil de sécurité de l’ONU s’était réuni pour discuter de l’escalade en Syrie, mais sans émettre de condamnation.

Aujourd’hui, le président américain Donald Trump doit s’entretenir par téléphone avec le président Erdogan, a annoncé le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, qui a rencontré son homologue américain, Rex Tillerson, hier à Paris. Les pourparlers sous l’égide des Nations unies, qui piétinent, reprennent demain à Vienne. Moscou est de son côté à la manœuvre avec une initiative de paix associant l’Iran et la Turquie, qu’elle espère concrétiser le 30 janvier à Sotchi. L’Orient – Le Jour – 24.01.2018.

 

L’ONU ne condamne pas l’offensive turque en Syrie. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni lundi 22 janvier pour discuter de la situation humanitaire dans le nord syrien, sans pour autant condamner l’incursion turque en Syrie. Paris avait demandé qu’une réunion d’urgence soit organisée sur l’offensive turque sur l’enclave d’Afrine. Les diplomates se sont retrouvés à huis clos et ont préféré mettre en avant la situation humanitaire catastrophique dans le nord du pays où aucun convoi d’aide n’a pu atteindre la Ghouta orientale ou la ville d’Idleb depuis le mois de novembre. « Il ne faut surtout pas occulter la responsabilité écrasante du régime de Damas et de ses alliés », a expliqué le représentant français François Delattre au sortir de la réunion.

Mais sur la situation à Afrine, les chancelleries se sont montrées beaucoup plus prudentes et réservées, signe d’un embarras certain face à cette incursion militaire de son allié dans la lutte contre le groupe EI. Paris a souligné sa très vive inquiétude face à l’escalade militaire en cours. Un « appel largement partagé par les pays membres du Conseil de sécurité », toujours selon François Delattre. La position officielle reste néanmoins un simple appel à la retenue.

Les officiels craignent surtout que l’offensive en cours ne fragilise les discussions inter-syriennes qui doivent reprendre jeudi prochain à Vienne. L’unité des alliés est essentielle dans la lutte contre Daech, a plaidé encore l’ambassadeur français. « Nous devons poursuivre ce combat main dans la main » a-t-il dit. RFI – 23.01.2018.

Trump demande à Erdogan «de réduire et de limiter» son offensive contre les Kurdes de Syrie. Tout en reconnaissant que la Turquie pouvait avoir «des inquiétudes légitimes» en termes de sécurité, M. Trump a insisté sur le fait que «les deux pays doivent concentrer les efforts de toutes les parties sur la défaite de l’EI». Dans une sorte de menace déguisée, M. Trump a demandé d’éviter «toute action qui risquerait de provoquer un affrontement entre les forces turques et américaines». Environ 2000 soldats américains, pour l’essentiel des membres des forces spéciales, se trouvent dans ce pays, ravagé par la guerre depuis 2011.
Au moins 30 civils tués depuis samedi – Mercredi, des roquettes tirées depuis la Syrie ont fait au moins deux morts et 11 blessés dans la ville turque de Kilis. Les deux victimes sont respectivement de nationalité syrienne et turque. Peu après la chute de ces roquettes, des tirs des représailles de l’artillerie turque en direction de la Syrie pouvaient être entendus depuis le centre de Kilis.
Depuis samedi, plus de 90 combattants des YPG et des groupes rebelles syriens pro-Ankara ont été tués, ainsi que 30 civils, la plupart dans des bombardements turcs, selon l’OSDH.

Trois soldats turcs ont également été tués, selon la Turquie, qui affirme pour sa part avoir éliminé «au moins 287 terroristes».

«L’armée turque et l’Armée syrienne libre reprennent le contrôle d’Afrine pas à pas (…) Cette opération va se poursuivre jusqu’à l’élimination du dernier membre de cette organisation terroriste», avait tonné plus tôt mercredi M. Erdogan lors d’un discours à Ankara.

Dans la communauté kurde de France, mais aussi ailleurs en Europe, la colère monte face au «silence complice»  de l’Occident sur cette offensive. «On a fait le sale boulot contre Daech et maintenant on nous laisse tomber», se désole par exemple Ismail Akgul, 55 ans, un commerçant à Paris. Le Parisien – 24.01.2018.

Intervention turque en Syrie: l’Allemagne saisit l’Otan. « J’ai demandé au secrétaire général de l’Otan de discuter aussi de la situation en Syrie et dans le nord de ce pays au sein de l’Otan« , a déclaré Sigmar Gabriel, chef de la diplomatie allemande,  dans un communiqué, annonçant en parallèle le report d’une autorisation d’exportation d’armement prévue par l’Allemagne pour la Turquie, deux pays membres de l’Alliance atlantique. « Le gouvernement allemand continue à être très préoccupé par le conflit militaire dans le nord de la Syrie, c’est la raison pour laquelle nous nous efforçons avec la France d’empêcher une poursuite de l’escalade, de permettre un accès humanitaire et de protéger la population civile« , a-t-il dit. M. Gabriel a souligné que « les intérêts de sécurité » de la Turquie dans la zone devaient être pris en compte, alors qu’Ankara redoute la formation d’un début d’Etat kurde à sa frontière. Mais pour parvenir à une solution la « confrontation militaire » doit prendre fin, a-t-il dit, soulignant « l’avoir déjà dit à plusieurs reprises au gouvernement turc« .
Dans l’immédiat, le ministre a indiqué que son pays reportait une décision sur la modernisation des chars Leopard de l’armée turque, demandée par Ankara. Le gouvernement allemand essuie depuis plusieurs jours de vives critiques après le déploiement présumé de ces blindés contre les Kurdes en Syrie. L’opposition de gauche et les médias demandent des explications aux autorités allemandes qui n’ont pas, dans le contrat datant de 2005, prévu de clause donnant à Berlin un droit de veto sur l’usage du matériel militaire vendu. Or, M. Gabriel avait laissé entendre en janvier, avant cette intervention militaire, que l’Allemagne allait moderniser ces blindés pour le compte de la Turquie dans le cadre d’efforts pour améliorer les relations avec Ankara. Car l’Allemagne et la Turquie ont multiplié les crises diplomatiques depuis le coup d’Etat raté de l’été 2016 et de la répression qui a suivi.
Les exportations d’armes sont un sujet de controverse régulier en Allemagne en raison des contradictions existant entre sa doctrine politique largement pacifiste, conséquence de la 2e Guerre Mondiale, son soutien à une industrie militaire florissante et ses alliances géopolitiques. M. Gabriel a indiqué que Berlin tranchera la question des armements livrés à la Turquie une fois un nouveau gouvernement allemand formé, ce qui se fera en mars au plus tôt. L’Orient – Le Jour – 25.01.2018.

Offensive contre les Kurdes en Syrie: l’Otan appelle la Turquie à la mesure. L’Otan a jugé jeudi que la Turquie, qui a lancé une offensive dans le nord de la Syrie contre des milices kurdes accusées de « terrorisme« , avait « le droit de se défendre« , mais « de manière proportionnée et mesurée« .
« La Turquie est l’un des pays de l’Otan qui a le plus souffert du terrorisme. Toutes les nations ont le droit de se défendre, mais ceci doit être fait de manière proportionnée et mesurée« , a affirmé le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, dans un communiqué. La Turquie, deuxième puissance militaire de l’Otan après les Etats-Unis, « a briefé cette semaine les Alliés à l’Otan sur son opération dans le nord de la Syrie« , a-t-il ajouté.

Jusqu’ici, le patron de l’Alliance atlantique s’était abstenu de réagir à l’offensive aérienne et terrestre lancée samedi par la Turquie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) dans l’enclave d’Afrine. Jens Stoltenberg a précisé qu’il avait été en contact avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à propos de cette offensive, mais aussi avec le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel qui a réclamé jeudi que les 29 pays de l’Otan « discutent » de cette offensive.

L’Otan, qui ne participe pas directement aux opérations en Syrie, a augmenté son aide à la Turquie en déployant des intercepteurs de missiles Patriot dans le sud du pays, et en déployant ses puissants avions de surveillance aérienne Awacs dans le ciel turc. Ces appareils aident également la coalition internationale contre le groupe EI. L’Orient – Le Jour – 25.01.2018.

 
Damas veut reprendre en mains les zones sous contrôle kurde. Pendant la guerre en Syrie, affaibli, le régime de Damas «avait accepté que le PYD le principal parti kurde syrien – établisse une administration autonome dans les régions qu’il contrôlait», nous explique Thomas Pierret, chargé de recherche au CNRS. «C’était une politique qui arrangeait [Damas], tant que le régime était trop faible pour projeter sa puissance sur les périphéries du pays, alors qu’il était face à une insurrection qui, à deux reprises, était sur le point de l’emporter. L’équation a changé l’an dernier, lorsque que l’intervention russe a porté ses fruits, a permis le renforcement militaire du régime».
Bachar al-Assad, de plus en plus fort, souhaite désormais rétablir sa souveraineté sur l’ensemble de la Syrie. Dans une vidéo diffusée par la présidence syrienne sur les réseaux sociaux le 18 décembre dernier, Bachar el-Assad avait qualifié les milices kurdes soutenues par les États-Unis de «traîtres», estimant qu’elles «travaillent pour le compte d’un pays étranger».

«On est aujourd’hui dans une situation où le régime voit de plus en plus le PYD, non plus comme une sorte de – presque – allié par défaut, mais comme un adversaire et on peut dire quasiment comme un mouvement insurgé qui menace la souveraineté que ce régime prétend exercer sur le territoire syrien», conclut Thomas Pierret. RFI – 26.01.2018.

 
Netanyahou demande à Poutine de faire sortir l’Iran de Syrie. Le Premier ministre israélien a été reçu par le président russe. Avant leur entretien, les deux dirigeants ont visité le Musée Juif de Moscou.
La commémoration du 75e anniversaire de la révolte du camp de Sobibor a été l’occasion pour le chef du gouvernement israélien de rappeler devant le chef du Kremlin que « la leçon de l’ascension puis  de la chute des nazis, est qu’il faut s’opposer avec force aux idéologies meurtrières« . Une entrée en matière pour évoquer le dossier de l’Iran, que Benyamin Netanyahou a discuté une nouvelle fois avec Vladimir Poutine.

Le Premier ministre israélien a insisté sur la menace que représente l’Iran pour la stabilité de la région, à cause de l’accord sur son programme nucléaire et alors que la république islamique a commencé à établir de nouvelles bases en Syrie, et qu’elle organise au Liban la production de masse de missiles pour armer le Hezbollah. La Russie considère comme « légitime » la présence iranienne en Syrie, puisque c’est Assad qui l’a réclamée. Actualité Juive – 29.01.2018.

Macron met en garde la Turquie contre les risques d’une «opération d’invasion» de la Syrie. Dans un entretien au Figaro, le chef de l’État annonce qu’il va appeler son homologue turc, Tayyip Recep Erdogan.
«J’ai appelé tout de suite à la précaution et à la retenue et évoqué dès les premières heures (de cette offensive) la préoccupation qui était la nôtre», affirme au Figaro le président de la République. «S’il s’avérait que cette opération devait prendre un autre tour qu’une action pour lutter contre un potentiel terroriste menaçant la frontière turque et que c’était une opération d’invasion, à ce moment, cette opération nous pose un problème réel», poursuit Emmanuel Macron, qui s’exprimait mardi soir à l’issue du dîner de la communauté arménienne de France à Paris.

Selon le chef de l’État, l’opération militaire turque contre l’enclave kurde d’Afrine dans le nord-ouest de la Syrie «suppose d’avoir des discussions et de prendre des décisions à la fois entre Européens, mais plus largement entre alliés. Car elle change la nature de cette incursion turque et c’est pour cela que je vais parler dans les prochains jours à nouveau avec Erdogan».

Au-delà d’Afrine, où les Kurdes sont seuls face aux troupes turques et aux rebelles syriens anti-Assad, le président Erdogan menace de s’en prendre à d’autres positions kurdes, plus à l’est, en particulier à Manbij, où sont stationnés quelque 200 soldats américains, avec des risques d’affrontements entre alliés. Face à ce scénario, les Kurdes n’auraient probablement pas d’autre choix que d’appeler le gouvernement de Damas et son allié russe à se porter à leur secours, comme certains dirigeants kurdes d’Afrine l’ont déjà fait. C’est aussi cela que veut éviter Emmanuel Macron en durcissant le ton contre Erdogan.

Au-delà de l’offensive turque et alors que les négociations mardi à Sotchi entre l’opposition syrienne et le régime, menées sous l’égide de la Russie, n’ont rien donné, le président français veut trouver un cadre plus large pour parvenir à une solution au drame syrien. «On ne peut pas avoir une sécurité bâtie sur le terrain sans respect de la souveraineté syrienne contre un ennemi (les Kurdes) qui n’est plus Daech»

Emmanuel Macron – «Je souhaite travailler avec les Jordaniens qui accueillent beaucoup de réfugiés et, autour des Jordaniens, que l’on puisse construire une véritable solution inclusive avec les Saoudiens, les Américains et les Égyptiens, précise le chef de l’État. Je souhaite convaincre les Turcs et les Russes qu’on peut construire cette solution véritablement inclusive, et alors l’opposition syrienne viendra (aux négociations) et les Russes doivent y amener le régime» de Bachar el-Assad.

«Avec cet élément de stabilité et la protection des frontières, poursuit le chef de l’État, il y aura les éléments de sécurité attendus par la Turquie. Mais on ne peut pas avoir une sécurité bâtie sur le terrain sans respect de la souveraineté syrienne contre un ennemi (les Kurdes) qui n’est plus Daech», martèle Emmanuel Macron. Les combattants kurdes ont été les alliés des Occidentaux dans la guerre contre les djihadistes, reprenant notamment Raqqa, cette ville, a rappelé mardi soir Macron, d’où ont été commandités les attentats meurtriers qui ont frappé Paris en novembre 2015. Le Figaro.fr – 31.01.2018.

 
5 – Réunions –
5 – 1 – Conférence de l’Union parlementaire des Etats membres de l’Organisation de la Coopération islamique –
L’Alliance entre la Syrie, l’Iran et les autres amis a abouti à des accomplissements stratégiques dans la guerre contre le terrorisme. Le président de l’Assemblée du peuple, Hammouda Sabbagh, a affirmé que la Syrie affronte une guerre terroriste en raison de ses positions soutenant la cause palestinienne et la résistance, soulignant le grand appui apporté par l’Iran à la Syrie dans sa guerre contre le terrorisme.
Dans une allocution prononcée aujourd’hui devant les participants à la 13ème session de la conférence de l’Union parlementaire des Etats membres de l’Organisation de la Coopération Islamique, Sabbagh a affirmé que le peuple syrien affronte le terrorisme avec héroïsme et en coopération avec l’Iran, la Russie et toutes les forces qui veulent établir un nouvel ordre mondial plus équilibré.

«Cette alliance entre la Syrie, l’Iran et les autres alliés et amis a abouti à des accomplissements stratégiques dans la guerre contre le terrorisme, à l’éradication du réseau terroriste “Daech” et à la poursuite de la purification des territoires syriens des réseaux terroristes, dont le Front Nosra», a dit Sabbagh. Il a souligné que la Syrie, sous la direction du président Bachar al-Assad, a fait part dans ses politiques de nombreux principes, dont la mise à terme à la culture d’agression et le règlement des divergences via le dialogue et conformément au droit international et aux principes de la légalité internationale et du bon voisinage. «Notre mission réelle ici est de prendre des décisions claires qui réfutent les allégations qualifiant l’Islam comme responsable du terrorisme. L’Islam s’oppose au terrorisme et à ses soutiens et il faut faire écouter notre voix que nous sommes contre le terrorisme et nous soutenons celui qui se sacrifie pour faire face à ce phénomène», a-t-il poursuivi.

Sabbagh d’ajouter : «La Syrie appelle à une paix basée sur l’unité nationale pour avorter le projet terroriste dangereux qui la vise». Il a appelé les participants à affronter le terrorisme, ses soutiens et ses commanditaires pour défendre leurs pays et leur présence.

En ce qui concerne la Palestine, Sabbagh a affirmé que la bataille est la même en Syrie et en Palestine, faisant noter que la Syrie avait consenti beaucoup de sacrifices et de martyrs pour la cause palestinienne.

Il a, enfin, remercié l’Iran pour son soutien et ses efforts déployés pour unifier les pays islamiques, émettant l’espoir que la conférence prendra des décisions et recommandations capables d’éliminer toutes les divergences et de fortifier les populations islamiques.

En outre, le président de l’Assemblée du peuple a examiné avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, les moyens de promouvoir les relations bilatérales et les derniers développements en Syrie et dans la région. Rencontrant Zarif en marge de la 13e session de la Conférence de l’Union parlementaire des Etats membres de l’Organisation de la Coopération Islamique, Sabbagh a indiqué que les victoires sur le terrain que l’armée arabe syrienne réalise sur le terrorisme doivent être accompagnées de  victoires politiques et diplomatiques.

Sabbagh a, en outre, souligné l’importance que l’Iran, qui est un partenaire de la Syrie dans la réalisation de la victoire sur le terrorisme, soit également un partenaire dans la solution politique et dans la phase de la reconstruction.

Pour sa part, Zarif a assuré que la fermeté du peuple syrien et le soutien des pays amis et alliés était fondamentaux dans la réalisation de la victoire sur le terrorisme, faisant savoir que les Etats-Unis et l’entité sioniste tentent toujours de donner une dose d’espoir aux terroristes à travers de nouvelles agressions contre la Syrie.

Zarif a condamné la formation par les Etats-Unis de milices armées au nord-est de la Syrie, disant : « C’est une question dangereuse  et il faut coopérer dans ce dossier ».

Dans le même contexte, Sabbagh et le Conseiller du Guide Suprême de la Révolution islamique en Iran pour les affaires internationales, Ali Akbar Velayati, ont affirmé aujourd’hui la nécessité de poursuivre la coordination entre la Syrie et l’Iran et d’œuvrer ensemble en vue d’avorter toutes les conspirations visant les deux pays et la région. « La Syrie et l’Iran sont déterminés à poursuivre la coopération bilatérale dans le but de faire réussir le processus politique, relancer le cycle économique, reconstruire la Syrie et réaliser des succès politiques et économiques versant dans l’intérêt des deux pays », a-t-il dit. De son côté, Velayati a assuré que l’Iran continuera à soutenir la Syrie dans sa lutte antiterroriste et pour ne pas autoriser de laisser passer les plans portant atteinte à la souveraineté de la Syrie.

Dans une conférence de presse conjointe, les deux parties ont souligné leur détermination à poursuivre la coordination et la consultation et à œuvrer ensemble dans les différents domaines politiques et économiques en vue de déjouer les conspirations tramées contre les deux pays et la région.

Velayati a affirmé l’importance de la participation d’une délégation parlementaire à haut niveau à la conférence des parlements islamiques à Téhéran, mettant en exergue le soutien qu’apportent les deux pays à la résistance face aux ennemis de la région.

Pour sa part, Sabbagh a assuré que les derniers complots américains avaient échoué en Syrie et ne peuvent faire peur au peuple syrien, faisant savoir que la Syrie est résolue à se défendre face aux agents.

Il a, enfin, remercié l’Iran pour le soutien qu’il avait apporté à la Syrie face au terrorisme. SANA – 17.01.2018.
 
5 – 2 – Vienne –
Les pourparlers de paix sur la Syrie vont reprendre à Vienne les 25-26 janvier, annonce l’ONU. Après ce 9e round de discussions, auxquelles la principale instance de l’opposition syrienne a annoncé sa présence, une autre conférence sur la paix est prévue les 29 et 30 janvier à Sotchi. Là aussi, le but affiché est de trouver un règlement au conflit qui déchire le pays depuis près de sept ans.
« Pour des raisons logistiques, cette réunion spéciale se tiendra dans les locaux des Nations unies à Vienne, en Autriche« , a précisé le communiqué de l’émissaire onusien pour la Syrie, Staffan de Mistura. Celui-ci « s’attend à ce que les délégations viennent à Vienne prêtes à un engagement » sur le dossier, « plus particulièrement sur le volet constitutionnel« , poursuit le communiqué. L’Orient – Le jour – 17.01.2018.

 
Le gouvernement syrien d’accord pour aller à Vienne participer à la réunion organisée la semaine prochaine à Vienne par les Nations unies, a déclaré jeudi l’envoyé spécial adjoint des Nations unies pour la Syrie. Lors d’une conférence de presse à Damas, Ramzy Ezzeldine Ramzy a dit en avoir reçu l’assurance de la part du vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad.
Les discussions à Vienne entre le gouvernement syrien et l’opposition se focaliseront sur les questions institutionnelles, a précisé Staffan de Mistura mercredi. L’Orient – Le Jour – 18.01.2018.

 

À Vienne, les pourparlers de paix du « dernier espoir ». Les pourparlers de paix sur la Syrie sous l’égide de l’ONU ont repris pour deux jours, hier à Vienne, dans un contexte de regain de violence sur le terrain qui rend hypothétique l’espoir d’avancées significatives après deux années d’impasse. Comme pendant les précédents cycles de négociations, représentants gouvernementaux et délégués de l’opposition se sont entretenus séparément avec l’émissaire des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui chapeaute le processus. Aucune indiscrétion n’a filtré sur ces entretiens qui doivent se poursuivre aujourd’hui

Hier, à Vienne, Yahya el-Aridi, porte-parole du Comité des négociations syriennes (CNS, opposition), a déclaré avant d’entamer les discussions : « Nous sommes engagés pour une Syrie libre, démocratique, pour un pays sûr où les gens puissent revenir chez eux. » M. de Mistura avait de son côté reconnu que ces pourparlers intervenaient dans une phase « très, très critique » du conflit. Évoquant une « situation de dégradation humanitaire considérable en Syrie », où le conflit a déjà fait plus de 340 000 morts depuis 2011, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait pour sa part jugé que les pourparlers de Vienne constituaient le « dernier espoir de paix ».

« Assad recherche une victoire (militaire) totale et n’a pas intérêt à trouver un compromis », souligne toutefois l’expert Firas Modad, de l’institut américain IHS Markit. Dans ce contexte, la perspective du congrès de Sotchi peut paradoxalement apparaître comme le seul espoir de voir Damas faire des concessions dans le cadre des discussions de l’ONU, selon des proches du dossier. L’Orient – Le Jour – 26.01.2018.

 

« Je vais pleinement informer le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres des résultats de la réunion de Vienne. Il lui reviendra de décider de la réponse à apporter à l’invitation à participer à Sotchi« , a relevé M. de Mistura. « Si ni l’ONU, ni la vraie opposition, celle d’Hariri (son négociateur en chef, ndlr), ne va sur place, alors Sotchi sera un échec« , estime une source diplomatique occidentale interrogée par l’AFP.

  1. de Mistura a rappelé qu’en tout état de cause, tout « accord final (sur la Syrie) devra être conclu dans la cadre fixé par l’ONU« . « Je suis extrêmement préoccupé par la situation sur le terrain, dans toutes ses dimensions politique, sécuritaire, humaine et sur le plan des droits de l’Homme« , a avoué le diplomate italo-suédois qui s’est vu confier en juillet 2014 la « mission impossible » – selon les termes de l’ex-secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon – de trouver une solution pacifique au conflit qui dure depuis près de sept ans.

« Notre but est de ramener la Syrie à la vie et qu’elle soit sûre pour que les gens puissent revenir chez eux« , a affirmé le CNS. La Depeche.fr – 27.01.2018.

 
5 – 3 – Sotchi –
Le Congrès sur la Syrie à Sotchi aura lieu le 30 janvier,  a annoncé samedi le représentant spécial du président russe pour le règlement syrien, Alexandre Lavrentiev. « Le 29, les participants vont arriver (…) et le congrès lui-même aura lieu le 30 » janvier, a déclaré M. Lavrentiev, cité par l’agence de presse Interfax, à l’issue d’une rencontre préparatoire à Sotchi entre des responsables russes, iraniens et turcs. Lors de cette rencontre, « nous avons réussi à nous mettre d’accord sur la liste des participants« , s’est-il félicité, tout en précisant qu’il fallait encore « un ou deux jours » pour harmoniser les derniers détails.
Environ 1.500 personnes, y compris « des chefs de tribus et des représentants de la société civile » syrienne doivent être invitées à ce congrès, a indiqué vendredi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à New York. RTBF info- 20.01.2018.
 
Congrès sur la Syrie à Sotchi: les Kurdes invités, l’opposition veut des précisions. Cette annonce intervient alors qu’une délégation de l’opposition syrienne a déclaré lundi ne pas avoir pris de « décision finale » sur sa participation et exigé plus de précisions de la Russie sur les modalités de cette réunion.

La Russie a invité à ce congrès « tous les principaux acteurs régionaux et internationaux« , a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, au début de sa rencontre à Moscou avec le négociateur en chef de l’opposition syrienne, Nasr Hariri. « Il ne fait aucun doute que le rôle des Kurdes dans le processus ultérieur du règlement politique doit être garanti. C’est pourquoi des représentants kurdes ont été inclus dans la liste des Syriens invités au Congrès du dialogue national syrien » à Sotchi, a-t-il annoncé quelques heures plus tôt, lors d’une conférence de presse.

Pour sa part, M. Hariri, qui conduit à Moscou une délégation du Comité des négociations syriennes (CNS), représentant le spectre le plus large des groupes de l’opposition, a indiqué vouloir « avoir toutes les informations sur les participants, l’agenda et les objectifs » de cette réunion. Le CNS « ne prendra pas de décision finale (…) avant d’obtenir des informations complètes de la Russie » sur ce congrès, a-t-il souligné, en déplorant que l’opposition n’ait pas « pour l’heure une vision claire de tout cela« .

  1. Lavrov a assuré M. Hariri que la Russie allait répondre à toutes les questions de l’opposition syrienne concernant le congrès à Sotchi. « J’espère que vous êtes venus sans une approche partiale et que vous êtes disposés à une conversation franche et honnête« , a-t-il déclaré. Actu Orange – 22.01.2018.

 

Appuyée dans son initiative par l’Iran, qui comme le Kremlin soutient le régime syrien, et par la Turquie, alliée des rebelles, la Russie a convié quelque 1 600 délégués sur les bords de la mer Noire, y compris des Kurdes, selon le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Toutefois, hier, un responsable kurde a indiqué que les principaux mouvements kurdes syriens n’ont pas été invités. Et quand bien même une invitation viendrait, elle ne serait pas acceptée «tant que se poursuit l’occupation barbare de Afrine» par les forces turques, a-t-il ajouté. Et le négociateur en chef du CNS, Nasr Hariri, a souligné que la participation de son mouvement à la rencontre de Sotchi dépendrait de l’issue des négociations viennoises. Ces pourparlers représentent «un test de la volonté de la Russie de faire usage de son influence sur le régime pour l’obliger à négocier sérieusement» dans le cadre fixé par la résolution 2254 de l’ONU, a-t-il relevé.

Cette résolution, adoptée en 2015, prévoit notamment une reconnaissance de l’opposition, l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections libres dans un environnement neutralisé. «C’est le moment pour les Russes de taper du poing sur la table s’ils veulent sauver Sotchi» d’un boycott de l’opposition, résume une source diplomatique occidentale, ajoutant : «L’opposition n’a pas de raisons d’aller à Sotchi si les Russes n’obtiennent pas des engagements de Damas.»

Pour tenter d’arracher une avancée, Staffan de Mistura a mis à l’ordre du jour le « volet constitutionnel », moins sensible que la question des élections qui déterminerait in fine le sort du président syrien. Une démarche similaire est affichée par la Russie, qui veut mettre à Sotchi l’accent sur un projet de nouvelle Constitution syrienne, reléguant au second plan la question électorale.

Répondant aux inquiétudes occidentales, le Kremlin a assuré que son initiative n’était pas concurrente du processus de Genève et visait à alimenter «efficacement » celui-ci avec des « résultats» concrets. Un point de vue partagé par Yahya el-Aridi : «Selon les Russes, tout point positif sortant de Sotchi doit aller dans le sens de Genève pour trouver une solution, sinon ça n’aura pas de sens», a-t-il estimé. L’objectif, à terme, de son camp n’en reste pas moins de «trouver un environnement sûr, objectif et convenable pour organiser des élections», a-t-il souligné. L’Orient – Le Jour – 26.01.2018.

 
L’opposition syrienne boycotte Sotchi, faute d’avancées à Vienne. « Le CNS annonce son boycott de la conférence de Sotchi à laquelle la Russie convie les 29-30 janvier« , a indiqué sur son compte twitter en arabe le Comité des négociations syriennes (CNS), qui représente les principaux groupes d’opposition. Cette décision, qui doit être détaillée par le CNS lors d’une conférence de presse programmée dans la matinée dans la capitale autrichienne, intervient après deux jours de négociations qui n’ont pu dégager aucune avancée, comme les huit précédentes sessions organisées depuis 2015.
Le CNS conditionnait sa venue à Sotchi à l’obtention de concessions de la part de Damas lors des pourparlers viennois. Ceux-ci avaient été axés sur le volet constitutionnel, moins sensible que la question des élections qui déterminerait in fine le sort du président syrien, un chiffon rouge pour Damas. La Depeche.fr – 27.01.2018.

 
L’ONU va envoyer son émissaire pour la Syrie au congrès organisé en Russie. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a décidé d’envoyer son émissaire pour la Syrie Staffan de Mistura au congrès de paix organisé en Russie la semaine prochaine, a annoncé samedi un porte-parole de l’ONU, malgré le boycott de cette conférence par l’opposition syrienne. M. Guterres « est confiant dans le fait que le congrès de Sotchi sera une contribution importante » à la relance des pourparlers de paix à Genève sous l’égide de l’ONU, a ajouté le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric.
Après un nouveau tour infructueux de pourparlers onusiens, son chef a pris en compte les assurances présentées par Moscou selon lesquelles le résultat du congrès de Sotchi « sera apporté en contribution, à Genève, aux pourparlers inter-syriens sous l’égide de l’ONU« , a précisé le porte-parole dans un communiqué. Antonio Guterres « a décidé d’accepter l’invitation de la Fédération de Russie d’envoyer un représentant au congrès de Sotchi« , poursuit-il. L’Orient – Le Jour – 27.01.2018.

 
Les Kurdes annoncent qu’ils ne participeront pas à la réunion de Sotchi « en raison de la situation à Afrine« , enclave kurde du nord syrien cible d’une offensive turque depuis plus d’une semaine.
« Nous avions dit auparavant que si cette situation persistait à Afrine nous ne pourrions pas être présents à Sotchi« , a déclaré à l’AFP une responsable des autorités kurdes, Fawza Youssef.  « La Turquie et la Russie sont les garants de Sotchi et ces deux pays se sont mis d’accord sur Afrine (aux dépens des Kurdes, NDLR), ce qui contredit le principe même de dialogue politique« , a encore dit la responsable kurde. Le Vif – 28.01.2018.

 
Pas d’avancées prévisibles à Sotchi après l’échec de Vienne, selon Le Drian, ministre français des Affaires étrangères. « La France ne participera pas aux travaux qui y seront menés« , a annoncé un porte-parole du Quai d’Orsay dans un point de presse électronique. « S’il y a eu un échec à Vienne c’est parce que le régime n’était pas dans la négociation: il était dans la figuration« , a déclaré à Tokyo M. Le Drian.  « Je pense que Sotchi ne (permettra) pas non plus cette avancée puisque d’abord une partie essentielle ne (sera) pas là en raison précisément du refus de négocier du régime à Vienne« , a expliqué au cours d’un point de presse M. Le Drian, dans une allusion à l’opposition syrienne.
La Russie, pays parrain de cette réunion avec l’Iran et la Turquie, a annoncé avoir invité plus de 1.600 personnes mais seules environ 350 d’entre elles sont attendues dans la station balnéaire au bord de la mer Noire.

« La réalité c’est que la fin de la puissance territoriale de Daech fait renaître d’autres conflits (…) qui ne peuvent se régler que lorsqu’il y aura une solution politique« , a déclaré M. Le Drian. « La solution politique elle se fait à Genève, sous l’égide des Nations unies et toute autre tentative n’est pas bonne« , a-t-il poursuivi. L’Orient – Le Jour – 29.01.2018.

Sotchi : maîtresse du jeu, la Russie peine toutefois à faire cavalier seul. La réunion de Sotchi s’est terminée comme elle avait commencé : sans perspective prometteuse. Le congrès s’est déroulé dans des circonstances confuses et agitées.

Boycottée par les principaux groupes de l’opposition et les Kurdes, la réunion était censée commencer lundi et durer deux jours. Finalement, elle ne s’est ouverte qu’hier, après le retard de plusieurs heures occasionné par le refus d’autres groupes rebelles d’y participer. Ces derniers étaient bel et bien arrivés à l’aéroport de Sotchi, avec l’intention de se rendre à la réunion, mais lorsqu’ils ont constaté que le logo de la conférence arborait le drapeau gouvernemental syrien et non celui de l’opposition, ils se sont rétractés et sont restés plus de douze heures à l’aéroport avant de rentrer en Turquie. Une délégation turque les a remplacés dans la station balnéaire russe de la mer Noire.

Le début de la séance a également été mouvementé. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a été interrompu pendant qu’il lisait un message du président russe Vladimir Poutine. « Les conditions sont réunies pour tourner une page tragique de l’histoire du pays », est-il parvenu à lire, avant d’être chahuté et sifflé par plusieurs délégués dénonçant les bombardements russes en Syrie. Tant bien que mal, le congrès s’est conclu par un communiqué final, dans lequel les participants insistent sur le respect de la souveraineté et de l’unité territoriale de la Syrie, ainsi que sur le libre arbitre du peuple syrien, censé pouvoir choisir son avenir. Un « comité constitutionnel » de 150 membres, représentant toutes les instances syriennes, dont celles qui ne se trouvaient pas à Sotchi, doit être créé, avec pour objectif d’étudier l’élaboration d’une nouvelle Constitution, selon M. Lavrov. L’Orient – Le Jour – 31.01.2018.

 
Poutine et Erdogan « satisfaits » de la réunion sur la Syrie à Sotchi, a annoncé le Kremlin malgré l’absence de résultat concret. Les deux dirigeants, qui se sont entretenus au téléphone, « ont exprimé leur satisfaction face aux résultats du Congrès du dialogue national syrien« , qui a eu lieu mardi, indique le communiqué.
Ils ont « souligné l’importance de mettre en place les accords obtenus » lors de cette réunion entre représentants de la société civile et politique syrienne, qui « visent à faire avancer de manière efficace le processus du règlement politique en Syrie« , selon la même source. Le congrès de Sotchi a réuni surtout des participants affiliés soit au parti Baas au pouvoir, représentant le régime, soit à ses alliés, soit à l’opposition dite « tolérée« .
La réunion, qui s’est déroulée dans une ambiance électrique, a abouti essentiellement à des déclarations d’intention, notamment à un accord sur la création d’un comité chargé « de rédiger un projet de réforme constitutionnelle« , sans qu’aucune avancée concrète n’ait été annoncée par les organisateurs.
MM. Poutine et Erdogan ont également discuté des questions liées à « la coordination ultérieure des efforts de la Russie et la Turquie en vue d’assurer un fonctionnement stable des zones de désescalade » mises en place en Syrie l’année dernière à l’issue des négociations de paix d’Astana. L’Orient – Le Jour – 31.01.2018.
 

6 Discussions entre pays au sujet de la Syrie –
Nouvel entretien téléphonique américano-turc. Les Etats-Unis ont « confirmé » à la Turquie qu’ils ne fourniraient plus d’armes à une milice kurde combattue par Ankara dans le nord de la Syrie, lors d’un nouvel entretien téléphonique à haut niveau, a affirmé samedi la présidence turque.
Selon la présidence turque, le conseiller à la sécurité nationale du président américain H.R. McMaster et le porte-parole du président turc Ibrahim Kalin se sont entretenus vendredi soir, au surlendemain d’une conversation téléphonique entre Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan. Lors de cet entretien, d’après le compte-rendu de la présidence turque, « il a été confirmé qu’il ne serait plus livré d’armes » à la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), visée depuis une semaine par une offensive d’Ankara dans le nord-ouest de la Syrie. Par ailleurs, selon Ankara, le responsable turc a « souligné la nécessité de prendre en compte les préoccupations sécuritaires légitimes de la Turquie« . L’Orient – Le Jour – 27.01.2018.
Washington maintient les accusations contre Moscou. «Concernant mes propos au sujet de la Russie et de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, je maintiens mes remarques», a dit M. Tillerson au cours d’une conférence de presse donnée avec son homologue polonais Jacek Czaputowicz.
Il avait formulé ses accusations mardi à Paris, à l’occasion d’une réunion internationale destinée à entamer des poursuites contre les responsables d’attaques chimiques en Syrie. Le Kremlin avait répliqué le lendemain, accusant les États-Unis d’«embrouiller» les enquêtes en la matière.

«Au cours des dernières 24 à 48 heures, il y a eu des informations de presse de source transparente sur l’utilisation du chlore en tant qu’arme en Syrie», a dit M. Tillerson. Ces attaques «violent toutes les conventions que la Russie a signées», a poursuivi M. Tillerson, ajoutant que ce pays, «allié d’Assad», a la responsabilité d’y réagir. Le Soleil (Groupe capitale médias) – 27.01.2018.

Macron met en garde la Turquie contre une « invasion » de la Syrie. « S’il s’avérait que cette opération devait prendre un autre tour qu’une action pour lutter contre un potentiel terroriste menaçant la frontière turque et que c’était une opération d’invasion, à ce moment, cette opération nous pose un problème réel« , a déclaré Emmanuel Macron au Figaro, à l’issue d’un dîner de la communauté arménienne de France, mardi à Paris. L’opération militaire « Rameau d’olivier » dans l’enclave kurde d’Afrine « suppose d’avoir des discussions et de prendre des décisions à la fois entre Européens, mais plus largement entre alliés. Car elle change la nature de cette incursion turque et c’est pour cela que je vais parler dans les prochains jours à nouveau avec Erdogan« , a ajouté le chef de l’Etat. L’Orient – Le Jour – 31.01.2018.
7 – Djihadistes français –
Les djihadistes prêts à «poursuivre le combat en France» selon Florence Parly, ministre de la Défense.
Elle a ainsi assuré que «beaucoup de ces personnes détenues sur ces théâtres continuaient d’affirmer leur volonté de rentrer pour poursuivre le combat en France». Une crainte qui l’amène à approuver la volonté, déjà affichée par l’Irak par le passé, de juger ces combattants sur place : «Le souhait légitime des autorités locales de juger les crimes commis sur leur territoire ne saurait être négligé», a-t-elle ainsi poursuivi. Le représentant en France du Kurdistan syrien, Khaled Issa, avait en outre déclaré à 20 minutes que les Kurdes disposaient «d’institutions compétentes respectant les normes du droit international».

Pour Florence Parly qui confirme les chiffres du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian en décembre, il y aurait au Levant 500 à 600 djihadistes français.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait déjà assuré le 4 janvier sur RMC que les djihadistes français arrêtés en Syrie par les Kurdes «seraient jugés là-bas» tout en posant néanmoins une condition : un procès équitable devra être assuré. Les avocats des djihadistes concernés avaient estimé qu’il incombait à l’Etat français de les rapatrier pour les juger en France.

En novembre, le président Emmanuel Macron, interrogé sur France 2, avait de son côté évoqué une politique de rapatriement «au cas par cas» : «Les échanges sont permanents avec la justice irakienne. Pour les femmes et les enfants, ce sera du cas par cas, en fonction des situations. Lorsqu’ils reviennent en France, les adultes sont soumis à la justice française, sont incarcérés, seront jugés […] et pour ce qui est des enfants, ils font l’objet d’ores et déjà d’une procédure toute particulière et d’un suivi très particulier sur le plan médical et psychiatrique», avait-il assuré. RT en français – 16.01.2018.

 
Six plaintes d’avocats de familles de femmes détenues en Syrie. Les avocats des familles de six femmes parties en Syrie rejoindre l’EI et aujourd’hui détenues par des Kurdes, avec leurs enfants, ont déposé mercredi des plaintes visant les autorités françaises, qui refusent jusqu’ici d’envisager leur rapatriement et leur jugement en France.
Si ces plaintes sont portées contre X, leur cible ne fait aucun doute, après des semaines de débat sur le sort de ces jeunes Françaises, dont les demandes de rapatriement, après l’effondrement de Daech, se heurtent jusqu’ici à une fin de non-recevoir du gouvernement.

Mes Marie Dosée, William Bourdon, Marc Bailly et Martin Pradel s’appuient sur un article du Code pénal selon lequel une personne dépositaire de l’autorité publique qui a connaissance d’une détention illégale ou arbitraire et ne fait rien pour y mettre fin est elle-même coupable d’une infraction.

« Nous avons sollicité et sollicitons le rapatriement de ces femmes et de ces enfants en France, sachant que toutes ces femmes parties sur zone font l’objet de poursuites judiciaires en France (…) et qu’elles acceptent de faire face à leur responsabilité pénale« , écrivent-ils dans un communiqué. « Nous constatons que les autorités françaises sont parfaitement informées de la présence de ces femmes et de ces enfants (…) et font délibérément le choix de s’abstenir de toute intervention« , ajoutent-ils.

Ils contestent l’idée, défendue jusqu’ici par le gouvernement, que ces jeunes Françaises puissent être jugées par les « autorités locales« , le Kurdistan syrien n’ayant aucune existence légale en tant qu’Etat.

Ils accusent les autorités françaises de contribuer, « par leur inertie délibérée« , à exposer ces femmes et leurs enfants à des « risques évidents« , notamment sanitaires, et de se rendre coupables d’une forme de non-assistance à personne en danger.

Ces avocats ont saisi jusqu’ici en vain la présidence de la République, le ministère des Affaires étrangères et la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Une lettre du directeur de cabinet du chef de l’Etat, reçue mardi par Me Dosé, a constitué la goutte qui a fait déborder le vase, explique cette avocate.

Dans ce courrier, ce proche collaborateur estime en substance que les autorités locales kurdes sont en droit de juger une femme partie en Syrie de son plein gré pour rejoindre une organisation terroriste qui les a combattues.

Nicole Belloubet, qui jugeait encore le 5 janvier que les autorités kurdes pouvaient juger des djihadistes français même si la France ne reconnaît pas l’existence d’un Etat du Kurdistan, à condition qu’un procès équitable leur soit garanti, a cependant paru mercredi matin ouvrir une porte. « Il ne peut exister aucun procès qui ne respecte les règles d’équité telles qu’elles sont prévues par la Convention européenne des droits de l’Homme« , a-t-elle dit à France Inter. « Et d’autre part, nous sommes en capacité de juger en France toute personne qui rentrerait des terrains de combat. »

Marie Dosé voit dans ses propos un « revirement« . « Je me réjouis d’entendre une garde des Sceaux expliquer qu’il ne peut pas y avoir d’opération de justice menée par un Etat qui n’existe pas et que donc ces femmes doivent être rapatriées« , a-t-elle déclaré à Reuters. « J’ai cru comprendre cela, j’espère que j’ai bien compris« , a-t-elle ajouté, en souhaitant une « position claire et définitive » du gouvernement et de l’Elysée sur ce sujet.

Son collègue Martin Pradel, également interrogé par Reuters, estime, lui, que « la garde des Sceaux temporise« . Boursier.com – 17.01.2018.

 
Le courrier envoyé par l’Elysée à l’avocate d’une djihadiste française détaillé. Le 2 janvier dernier, Me Marie Dosé, l’avocate d’une djihadiste française partie en Syrie écrivait au président de la République pour lui demander que sa cliente soit « rapatriée avec ses enfants », âgés de 10 mois et de deux ans, « aux fins de répondre de ses actes devant les autorités judiciaires françaises ». Huit jours plus tard, le préfet Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron lui répondait par écrit.
Un courrier, dont le contenu avait été dévoilé il y a plusieurs jours par l’AFP, et que détaille RTL ce vendredi matin. La radio rappelle que cette demande de rapatriement a été rejetée par l’Elysée, qui se prononce en faveur d’un jugement sur place.

Patrick Strzoda explique dans son courrier que « cette Française est partie de son plein gré rejoindre l’organisation terroriste et qu’elle a épousé religieusement deux combattants de l’organisation de l’EI ». Il revient donc « aux autorités locales de se prononcer sur la responsabilité de cette Française ». Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron « n’émet aucune réserve sur le système judiciaire en vigueur au nord de la Syrie, ou sur le fait que les Kurdes n’ont pas d’Etat reconnu. Il évoque au contraire une aspiration légitime de ces autorités à juger les membres de Daech ». 20 Minutes avec AFP – 19.01.2018.

 
Rentrée de Syrie avec ses trois enfants, une Française écrouée. Partie en Syrie avec son compagnon, une Française est revenue dans l’hexagone, mardi, avec ses trois enfants. Elle a été mise en examen samedi à Paris et écrouée.
La jeune femme avait été placée en garde à vue à son arrivée, mardi soir, à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en provenance d’Istanbul, dans le cadre d’une enquête préliminaire confiée par le parquet de Paris à la section antiterroriste de la brigade criminelle parisienne (SAT) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Cette femme était accompagnée de trois enfants mineurs qui ont «?été confiés à l’aide sociale à l’enfance et placés dans des familles d’accueil?», selon une source proche du dossier.

Au terme de sa garde à vue samedi, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire et la jeune femme a été mise en examen par un juge antiterroriste pour «?association de malfaiteurs terroriste criminelle?», a précisé la source judiciaire. Cette qualification relève de la cour d’assises.

Selon BFMTV, qui a annoncé l’interpellation, cette Française est partie en 2013 en Égypte avec son mari, aujourd’hui présumé mort, et ses enfants, mais sa date de départ pour la Syrie est inconnue.

Selon les autorités françaises, environ 1?700 Français ont rejoint les zones djihadistes irako-syriennes depuis 2014. Jusqu’à 450 seraient morts, et un peu plus de 300 sont revenus en France. Ouest France – 21.01.2018.

Djihadistes français en Syrie : « Si l’on veut un procès équitable, il faut que ces gens soient jugés en France« . Nadim Houry, chargé des questions liées à la lutte anti-terroriste pour l’ONG Human Rights Watch, est en visite d’observation dans le nord de la Syrie. Il décrit pour France info les conditions de détention des djihadistes français.
Pour Nadim Houry, de l’ONG Human Rights Watch (HRW) interrogé par France info, « dans la situation actuelle, pour respecter les droits de l’Homme et avoir un procès équitable, la solution la plus immédiate serait de juger les djihadistes français en France ».

Ces procès peuvent marquer, comme l’a été celui de Nuremberg, une opportunité d’écrire l’Histoire d’une manière objective Nadim Houry a pu accéder à une prison tenue par les forces kurdes dans le nord de la Syrie, il y a six mois. Il a pu évaluer les conditions de détention à l’intérieur de l’établissement. « Aujourd’hui, il n’y a pas les ressources humaines et la capacité à mener des enquêtes approfondies pour juger les djihadistes français », estime ce membre de HRW chargé des questions liées à la lutte anti-terroriste. « Un procès en France devrait aussi prendre en compte les victimes syriennes de ces djihadistes pour leur permettre de participer en tant que parties civiles à ces procès. » Pour Nadim Houry, ces procès « jouerait un rôle très pédagogique et pourrait être une conclusion à ces crimes horribles. » L’avenir des djihadistes français est évident pour l’humanitaire : « Si l’on veut un procès équitable dans les conditions actuelles, il faut que ces gens soient jugés en France. » France info – 23.01.2018.

 
Familles de djihadistes en Syrie. De retour de Syrie, Nadim Houry de l’ONG Human Rights Watch est formel: les Kurdes ne veulent pas juger chez eux les femmes de djihadistes étrangers, notamment françaises, qu’ils considèrent comme un « fardeau« , dit-il dans un entretien à l’AFP.
Directeur du programme lutte antiterroriste à HRW, il a pu accéder à un camp en Syrie contrôlé par les forces kurdes où sont regroupés 400 femmes et enfants de djihadistes étrangers du groupe EI.

« Aucune procédure judiciaire n’a été ouverte à leur encontre par les autorités locales qui n’ont pas l’intention d’entamer des poursuites et veulent que femmes et enfants repartent dans leur pays d’origine« , assure Nadim Houry. « Les Kurdes expliquent qu’ils ont bien assez à faire avec les djihadistes qu’ils ont combattus sur le terrain« , ajoute-t-il. « Ces femmes sont un fardeau pour les Kurdes qui n’ont pas l’intention de les juger. » « Même avec de bonnes intentions, le système judiciaire est inadéquat et très faible dans les zones kurdes de Syrie« , estime M. Houry. « Les Kurdes ont créée des tribunaux locaux où au moins 700 djihadistes syriens et irakiens ont déjà été jugés, mais leur loi antiterroriste ne prévoit ni la présence d’un avocat ni de procédure d’appel. Comment parler dans ce cas de respect des droits de la défense ? »

Des centaines de tentes éparpillées dans le nord-est de la Syrie à quelques encablures de la frontière irakienne: le camp de Roj, que Nadim Houry a pu visiter, abrite la moitié des familles des combattants étrangers de l’EI aux mains des forces kurdes. La plupart ont été capturées après la reprise à l’organisation djihadiste des villes de Raqqa en octobre et de Deir Ez-Zor un mois plus tard. Au moins huit femmes et une vingtaine d’enfants français s’y trouvent actuellement, relate M. Houry.

Manque de lait infantile, de médicaments, coupures d’électricité: elles vivent dans les conditions d’un camp de déplacés. Elles sont libres de circuler en son sein mais n’ont pas le droit d’en sortir. « Le camp n’est pas ultra-sécurisé, mais se trouve au milieu de nulle part. Si elles songeaient à s’enfuir, où iraient-elles ?« , souligne-t-il.

Selon lui, elles ont été interrogées par les forces kurdes et certaines par les services américains, mais aucune n’a indiqué avoir rencontré d’enquêteurs français. « Elles ont la possibilité de rentrer périodiquement en contact avec leur famille en France« , ajoute le cadre de HRW qui précise qu' »aucune preuve de violence physique n’a été relevée sur les Françaises alors que d’autres détenues ont affirmé avoir été battues au cours de leur interrogatoire par les autorités locales« .

Les sept Françaises font l’objet de mandats d’arrêt ou de recherche en France où elles demandent à être rapatriées pour être jugées.

Pour leurs enfants, le problème est particulièrement épineux. « Il n’y a à Roj aucun suivi psychologique individualisé pour ces très jeunes mineurs qui ont vécu la guerre et sans doute vu des exactions« , relève-t-il, déplorant « l’inertie de la France et de la communauté internationale« .

Mardi, le procureur de Paris François Molins, chef du parquet antiterroriste, a appelé à une prise en charge « spécifique » des jeunes enfants de djihadistes afin d’éviter que certains ne deviennent « des bombes à retardement« . Le Point – 27.01.2018.

 

Djihadistes : Paris interviendrait en cas de peine capitale. Dans l’hypothèse où un ressortissant français était condamné à mort, « l’Etat français interviendrait, en négociant avec l’Etat en question, et encore une fois ce serait un traitement au cas par cas« , a précisé Nicole Belloubet, ministre de la Justice,  dans le cadre du « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro.

La FIDH avait évoqué en janvier dernier la possibilité de rapatriements.

La ministre des Armées Florence Parly, qui avait suscité la polémique en octobre dernier en avalisant implicitement l’élimination des djihadistes français en Irak et en Syrie, a réaffirmé lundi dernier qu’elle n’avait pas d' »états d’âme » les concernant. « Je ne crois pas qu’il y ait de différence d’analyse« , a répondu la ministre de la Justice à une question sur les propos de Florence Parly. « Je redis comme ma collègue Parly que c’est volontairement que ces gens sont allés combattre aux côtés de Daech et donc ils assument une responsabilité et un choix« , a-t-elle justifié. « Mais en tant que ministre de la Justice, je ne peux dire autre chose que mon attachement aux règles du procès équitable« , a-t-elle nuancé. « La situation est différente selon les Etats dont vous parlez. Avec la Turquie, nous avons des accords qui sont clairs et qui nous permettent de faire revenir les personnes, avec l’Irak, c’est un Etat qui est reconnu comme tel et donc bien entendu les Français qui sont là-bas peuvent être jugés par l’Etat irakien« , a-t-elle répété. « La Syrie, c’est un peu plus compliqué puisque l’Etat n’est pas reconnu en tant que tel, et bien entendu c’est un traitement au cas par cas qui doit être effectué« , a-t-elle expliqué, réitérant une position qui ne parvient pas à masquer l’embarras de l’exécutif français. « Je pense que c’est important que le gouvernement ait une politique là-dessus qui soit claire et portée par tous« , a dit la garde des Sceaux.

Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, 676 Français, dont 295 femmes, se trouveraient encore sur le théâtre irako-syrien. L’Orient – Le Jour – 28.01.2018.

 

ECONOMIE –
Malgré la guerre, la Syrie se revendique destination touristique. Bien que meurtrie par la guerre, la Syrie se vend comme destination touristique, cette semaine au salon international du tourisme à Madrid, où le pays fait la publicité d’Alep, dévastée, de Damas ou de la côte. Pour la première fois, le pays en guerre depuis 2011 est présent au salon Fitur avec son propre stand pour vanter différentes destinations.
Parmi elles figure Alep – dont 60% de la Vieille ville a été gravement endommagée et 30% détruite pendant les années de conflit, selon un rapport de l’Unesco publié début 2017. Sur les photos, apparaissent seulement de rares maisons endommagées au premier plan. Le stand met aussi en valeur les ruines gréco-romaines de Palmyre, cité antique inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité, reprise en 2017 par Moscou et Damas au groupe EI.

« Cette année, c’est le moment de reconstruire la Syrie et notre économie« , explique Bassam Barsik, directeur du marketing au ministère syrien du Tourisme. Il affirme que l’an dernier, 1,3 million de visiteurs étrangers ont voyagé en Syrie, un chiffre incluant cependant ceux qui viennent du Liban voisin seulement pour une journée. RTBF – 19.01.2018.

 

  Au nord de la Syrie, dans ces camps où les déplacés cohabitent avec les femmes et enfants de djihadistes étrangers. Des centaines de femmes et enfants étrangers issus des bastions du groupe État islamique sont passés dans le camp de déplacés de Roj, à l’extrême nord-est de la Syrie. France info s’y est rendu.
En ce jour froid de fin janvier, les allées sont désertes dans le camp de déplacés de Roj, planté au milieu de champs de pétrole du Kurdistan syrien, à l’extrême nord-est du pays. Quelques moutons paissent. La pluie incessante ruisselle des grandes tentes recouvertes de bâches blanches et bleues.

Le directeur du camp confirme qu’Émilie König a bien transité par ici. La Française, propagandiste du groupe État islamique arrêté en Syrie, l’avait affirmé dans une vidéo diffusée par les forces kurdes. Impossible en revanche de savoir si d’autres djihadistes français sont passés par le camp de Roj. Le directeur n’en dira pas plus. Bien qu’on ne distingue aucun dispositif de sécurité particulier, l’accès à l’intérieur du camp n’est pas autorisé.

Des « milliers de personnes sont toujours en détention », selon le Comité international de la Croix-Rouge. Dans le nord de la Syrie, parmi les djihadistes détenus, il y aurait une soixantaine de Français, dont une vingtaine d’enfants. Depuis l’effondrement du « califat » auto-proclamé du groupe État islamique, tout est à reconstruire, et face à la crise humanitaire et ses millions de déplacés (plus de 10 millions en Syrie, 3 millions en Irak), refonder une justice post-conflit constitue un défi de taille.

Plusieurs cas de rougeole ont été détectés au camp de Roj. Ils viennent des zones tenues par Daech, assure-t-on ici. Mais, officiellement, les conditions de vie sont relativement bonnes. « Jusqu’à présent, la situation est correcte, confie Nura Abdu, membre de l’administration du camp. En ce moment, avec la tempête, certaines tentes sont emportées ou détruites et l’eau pénètre à l’intérieur. Pour le reste, ça va : nous avons de la nourriture, de l’eau potable et de l’électricité. »

Mais on manque de médicaments et, surtout, on n’a pas de lait en poudre pour les bébés.

Nura Abdu, membre de l’administration du camp de Roj à France info

Une grande partie du camp est peuplée de femmes et d’enfants dont les maris ou les pères sont impliqués dans l’organisation djihadiste. Ce sont uniquement des familles étrangères et elles attendent qu’une décision sur leur sort soit négociée entre les autorités kurdes et leur gouvernement.

Au loin, on distingue une femme en niqab noir s’aventurer sous la pluie. Une petite fille ébouriffée vient remplir un bidon d’eau à une pompe. Elle fait partie des enfants qu’il a fallu prendre en charge dans le camp. « Au début, ces enfants de Daech étaient très réticents, raconte Salah Ahmed, le directeur de l’école du camp de Roj. Nous avons des cours de musique, par exemple, et ils disaient que c’était interdit. Après, ils ont vu l’école et ils ont commencé à venir. Là-bas, sous Daech, le système éducatif avait été détruit. »

Certaines des filles que nous avons ici ont été mariées à 11 ans. Nous avons des fillettes enceintes ou qui ont déjà des enfants.

Salah Ahmed, directeur de l’école du camp de Roj à France info

Dans ce camp, enfants et femmes du groupe État islamique cohabitent avec des déplacés qui ont fui les djihadistes, comme Salam Al Kurdi, un quinquagénaire qui a dû abandonner sa maison près de Mossoul. Il assure que la cohabitation se passe bien : « Ce ne sont que des enfants et des femmes. Celles-ci ont été obligées par leurs hommes d’être avec l’État islamique. On essaye de les remettre sur le droit chemin quand c’est nécessaire, de les dé radicaliser. »

Ces femmes ont été trompées et oppressées par leurs maris, donc on les traite bien.

Les djihadistes les plus menaçants ou les plus sensibles ne se trouvent pas dans le camp de Roj, mais dans des prisons pour les hommes et dans des « centres de réhabilitation et de réinsertion » pour les femmes et les jeunes de moins de 18 ans. C’est dans l’un de ces centres, sorte de maison de détention, que se trouverait aujourd’hui Émilie König. Ici aussi, l’accent est mis sur le désendoctrinement

« On reprend tout à zéro : ce que la religion signifie, ce que les savants en disent, détaille Abdul Baset Oso, le responsable de l’autorité de la justice du canton de Djézireh. On leur montre l’idéologie noire qui a été implantée dans leur cerveau, on leur montre qu’on ne peut pas tuer des gens qui ont été créés par Dieu. On parle de liberté d’expression, du vivre ensemble. On a des spécialistes qui font ce travail auprès d’eux, petit à petit. » 

Officiellement, les détenus pour terrorisme peuvent voir leurs proches, même si, pour cela, il faut attendre la fin de l’enquête. Ce discours officiel concernant les conditions d’incarcération est difficile à vérifier car l’administration autonome du nord de la Syrie interdit la visite des centres de détention.

Nadim Houry, lui, a pu y entrer il y a six mois, en mission pour l’ONG Human Rights Watch. « Les conditions en soi étaient acceptables, indique ce responsable des questions liées à la lutte anti-terroriste au sein de l’ONG. Après, on n’a pas pu enquêter. Il y a des gens qui accusent les autorités locales de torture. »

Loin des standards internationaux, notamment pour l’accès à un avocat. Cela n’est pas prévu dans la procédure anti-terroriste. Il n’y a pas de protection consulaire non plus pour les Français qui y sont détenus : le Kurdistan syrien n’est pas un État, donc Paris n’y a pas de représentation diplomatique et les détenus ne peuvent pas recevoir la visite ou l’assistance d’un fonctionnaire français. Le Comité international de la Croix-Rouge, lui, marche sur des œufs et se contente de dire qu’il est « en constants pourparlers concernant l’accès aux lieux de détention » dans cette région.

Des familles de djihadistes français arrêtés en Syrie ont annoncé, le 17 janvier, avoir porté plainte contre les autorités françaises pour détention arbitraire. Elles demandent à ce que leurs proches soient rapatriés en France pour y être jugés. France Info – 23.01.2018.

L’aide humanitaire est inconditionnelle et apolitique.
Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies – Conseil de sécurité – 30 janvier 2018

« Quel crédit accorder à un régime qui intensifie les bombardements à Idlib, empêche les évacuations médicales dans la Ghouta orientale et n’autorise aucun convoi humanitaire ? Quel crédit accorder à des efforts diplomatiques dénués d’assurances concrètes et de toute amélioration significative et durable de la situation humanitaire à Idlib et dans la Goutha orientale ? » François Delattre

Monsieur le Président,

Je remercie Ursula Mueller pour son exposé très complet et souhaite réitérer ici le plein soutien de la France aux propositions du Secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, Mark Lowcock, que Madame Mueller vient de rappeler. Je souhaiterais exprimer également les graves préoccupations de mon pays face aux derniers développements sur la situation humanitaire en Syrie.

Plusieurs points nous paraissent particulièrement inquiétants :

(i) D’abord, la situation extrêmement critique des populations de la Ghouta orientale, toujours assiégées et privées de l’assistance humanitaire et des évacuations médicales dont elles ont besoin, et l’escalade dans la violence, en particulier dans la région d’Idlib ;

(ii) Ensuite, les attaques contre les hôpitaux, les structures de santé et les atteintes aux soins de santé, ainsi que les restrictions persistantes à l’accès humanitaires en Syrie, qui sont inadmissibles et se sont encore accentuées ces dernières semaines, privant les populations civiles de l’accès aux ressources essentielles dont elles ont un besoin vital.

A partir de là, trois éléments principaux :

  1. D’abord, nous sommes particulièrement inquiets de l’escalade en cours dans la Ghouta orientale et dans la région d’Idlib, qui aggrave encore la détresse des populations concernées.

Dans la Ghouta orientale, 400 000 civils sont victimes de bombardements quasi quotidiens par le régime et ses alliés.

Selon l’OMS, environ 750 personnes sont toujours en attente d’une évacuation médicale d’urgence dans la Ghouta orientale. Depuis le 30 décembre dernier, plus aucun blessé n’a pu être transféré en dehors de cette zone pour y être soigné. 21 autres n’ont pas pu attendre un jour supplémentaire et sont décédés des suites de leurs blessures.

Il est de la responsabilité du régime syrien, faut-il le rappeler, faut-il le marteler, de permettre que ces évacuations médicales aient lieu sans délai.

La situation dans le sud d’Idlib et dans le nord de Hama est également très préoccupante : les bombardements se poursuivent et ont causé le déplacement de près de 250 000 civils au cours du mois écoulé. Plus de 33 civils auraient été tués en moins de 24 heures. La ville de Saraqeb a été bombardée hier matin. Ces frappes ont touché le marché de la ville, causant plus de 11 morts et de nombreux blessés. Une heure plus tard, c’est l’unique hôpital public du district, un hôpital soutenu par l’ONG Médecins sans frontières, qui a été atteint, causant la mort de 5 personnes dont un enfant, et blessant 6 personnes dont des personnels de santé.

La France, Monsieur le Président, condamne avec la plus grande fermeté les attaques contre les personnels de santé et les infrastructures médicales, ainsi que les bombardements indiscriminés opérés ces dernières semaines par le régime syrien contre les civils de la Ghouta orientale et dans les zones habitées de la province d’Idlib. Elle rappelle que les bombardements indiscriminés et l’usage d’armes incendiaires contre les civils constituent des violations graves du droit international humanitaire et pourraient constituer à ce titre des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité.

Il est primordial et urgent de mettre immédiatement un terme aux bombardements à Idlib et au siège de la Ghouta orientale. Les garants d’Astana ont pris la responsabilité de superviser sa mise en œuvre : nous en appelons donc à ces États pour qu’ils imposent effectivement au régime syrien l’arrêt complet des hostilités et le respect des principes et règles de base du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

  1. Le deuxième constat, particulièrement alarmant, est la dégradation des accès humanitaires ces dernières semaines en Syrie.

Nous l’avons répété à plusieurs reprises dans cette enceinte, la situation humanitaire ne pourra s’améliorer sans un accès humanitaire complet, sans entraves, sécurisé et permanent de l’aide distribuée par les Nations Unies et leurs partenaires. Le régime continue pourtant de mettre des obstacles inacceptables à l’acheminement de l’aide humanitaire. Les autorités syriennes n’ont pas autorisé un seul convoi inter-agences depuis plusieurs semaines.

La France condamne cette attitude inacceptable et réitère son appel à assurer un accès sûr et sans entraves des Nations unies et de leurs partenaires humanitaires aux civils sur l’ensemble du territoire syrien. Le droit de la population syrienne à l’assistance humanitaire et à la protection doit être respecté sans condition.
Le Conseil de sécurité, Monsieur le Président, ne peut rester silencieux face à ces violations récurrentes du droit international humanitaire, qui appellent une réaction forte de ce Conseil.

  1. J’aborderai enfin le décalage criant entre la violence qui perdure sur le terrain en Syrie et les offensives diplomatiques qui cherchent à faire l’impasse sur cet état de fait.

Nous savons que seule une solution politique inclusive établie sous les auspices des Nations Unies, mettant en place une transition politique dans le cadre de la résolution 2254, viendra achever de manière durable et crédible les souffrances du peuple syrien. Or, le régime poursuit sa politique d’obstruction méthodique et délibérée, comme nous l’avons vu à nouveau lors de la session de négociations qui s’est tenue à Vienne les 25 et 26 janvier.

Dans ce contexte, plus que jamais, nous devons soutenir les Nations Unies et la médiation onusienne à Genève, et, plus que jamais, nous devons éviter toute solution temporaire, décidée sans l’opposition, irréaliste car sans rapport avec les aspirations de tous les Syriens. Il incombe aux pays qui soutiennent le régime, en premier lieu la Russie et l’Iran, d’exercer les pressions nécessaires pour que le régime mette fin à cette stratégie négative et irresponsable.

Ne nous y trompons pas, il ne pourra y avoir de transition politique négociée en Syrie sans un cessez-le-feu complet, sans un accès humanitaire sur tout le territoire et sans l’établissement d’un environnement neutre ramenant la confiance et la sécurité pour tous les Syriens.

Quel crédit accorder à un régime qui intensifie les bombardements à Idlib, empêche les évacuations médicales dans la Ghouta orientale et n’autorise aucun convoi humanitaire ? Quel crédit accorder à des efforts diplomatiques dénués d’assurances concrètes et de toute amélioration significative et durable de la situation humanitaire à Idlib et dans la Goutha orientale ? Nous rappelons que l’aide humanitaire est inconditionnelle et apolitique. Nous demandons donc urgemment à en voir la preuve sur le terrain.

Dans ce contexte, voilà la position que la France entend continuer à défendre dans les semaines à venir, conformément au Communiqué de Genève : l’établissement d’un environnement neutre, qui doit se décliner notamment à travers la levée des sièges, l’arrêt des hostilités, l’échange de prisonniers, le désarmement chimique, tout cela sous supervision internationale, afin de permettre une véritable réforme constitutionnelle et la tenue d’élections libres.

C’est le seul moyen de mettre durablement un terme à la souffrance des Syriens, et d’ouvrir la voie à une solution politique inclusive en Syrie, au service de tous les Syriens. C’est pourquoi nous continuerons d’apporter tout notre soutien au processus issu de la résolution 2254 de ce Conseil et tous nos efforts pour rassembler le Conseil en ce sens.

Je vous remercie. Représentation de la France auprès des Nations Unies – 30.01.2018.

 

 

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